[Nutrithérapie] La grenade dans les traditions médicinales (part.3) - Medicatrix

[Nutrithérapie] La grenade dans les traditions médicinales (part.3)

Extrait tiré du tome 2 "Nutrithérapie", annexe 19 "La grenade fermentée, formule Totum concentrée" de docteur Jean-Paul Curtay.

Cet article fait suite à la première et deuxième partie « La grenade dans les traditions médicinales ».

Action anti-inflammatoire

Bernard Böhm, chercheur travaillant sur les problèmes liées au diabète à l’Université d’Ulm (Allemagne), déclare que :

« L’inflammation joue un rôle si prépondérant dans notre organisme qu’on pourrait y voir une espèce de formule métabolique qui régit le monde »

Les globules blancs ont deux missions : phagocyter les envahisseurs : virus, bactéries, corps étrangers (poussières, cristaux, certains toxiques) et les détruire. Pour ce faire ils sécrètent tout ce qui existe comme molécules oxydantes : eau de Javel, eau oxygénée, radicaux libres… C’est la raison pour laquelle notre nez est « enflammé » : rouge, chaud, gonflé, un peu douloureux quand nous sommes enrhumés. Quand les globules blancs sont activés à mauvais escient, alors qu’il n’y a pas d’envahisseurs à détruire, cela donne des allergies ou des pathologies inflammatoires, dermatologiques, ophtalmiques, rhumatologiques, etc. Dans la goutte la présence de cristaux d’urates déclenche de violentes inflammations. Mais l’une des très grandes découvertes scientifiques récentes est que ce processus a lieu aussi dans le surpoids, les intolérances alimentaires, le diabète, les maladies cardiovasculaires, le vieillissement et l’ensemble des pathologies dégénératives. On l’avait déjà constaté dans l’inflammation du tissu adipeux réparti autour des hanches chez la femme, que l’on appelle de manière populaire « cellulite ». Or, la simple accumulation de graisse dans les autres parties du corps déclenche aussi une réaction inflammatoire. Les globules blancs cherchent à se débarrasser des excès de graisses, que ce soit dans le tissu adipeux d’une personne en surpoids ou dans les artères quand les graisses se déposent. Or, la réaction inflammatoire ainsi déclenchée entraîne tout un processus de détérioration qui touche les récepteurs à l’insuline, d’où le passage au syndrome métabolique, au diabète et aux maladies cardiovasculaires. Les maladies cardiovasculaires sont essentiellement des maladies inflammatoires. Les globules blancs activés oxydent les LDL cholestérol, les phagocytent. Ils gonflent et deviennent des cellules « spumeuses ». Une fois gavés, ils éclatent et leurs débris attirent encore beaucoup plus de globules blancs qui vont enflammer, épaissir et rigidifier les parois artérielles.

Les effets des processus inflammatoires chroniques sont complexes car tout état inflammatoire est associé à du stress oxydant et à une surutilisation des antioxydants qui s’épuisent, fragilisant encore les tissus, ce qui crée une spirale d’auto-aggravation (« cercle vicieux ») et une accélération globale des phénomènes de corrosion associés au vieillissement et aux pathologies dégénératives.grenade-cancer

Le facteur de transcription NF-kappaB (nuclear factor kappa-B) est une protéine pivot dans les états inflammatoires, les pathologies auto-immunes, la genèse et la progression des affections tumorales. Elle est activée, par exemple, par le stress, le tabagisme et les radicaux libres. Elle déclenche l’action de près de 400 gènes différents, à l’origine de la synthèse des enzymes pro-inflammatoires comme les cyclo-oxygénases COX-2, les lipoxygénases 5LOX, et les iNOS, des cytokines comme TNF-alpha, IL-1, IL-6, IL-8) et bien d’autres molécules pro-inflammatoires et pro-cancérigènes.

Les polyphénols de la grenade ont une action anti-inflammatoire qui dé-coule, d’une part, de l’inhibition de l’activation de NF-kappa-B, démontrée dans 9 études [53, 54, 101, 43, 5, 4, 91, 92], d’autre part, de la modulation du métabolisme des prostaglandines qui sont de puissants agents responsables d’actions inflammatoires, allergiques, vasoconstrictrices et pro-agrégantes plaquettaires. Ils jouent aussi un rôle important dans la prolifération des lymphocytes, donc la réponse immunitaire, et dans les progressions tumorales, en particulier métastatiques.

Les prostaglandines et leucotriènes (ou eicosanoïdes) se forment à partir d’acides gras polyinsaturés sous l’effet d’enzymes comme les cyclo-oxygénases et lipoxygénases. On les appelle eicosanoïdes car ce sont des dérivés oxygénés d’acides gras poly-insaturés à 20 atomes de carbones (eikosi signifie 20 en grec). La qualité des acides gras ingérés lors de consommation de nourriture influe sur le métabolisme des eicosanoïdes. Les acides gras oméga-6 de type acide arachidonique présents dans les viandes grasses ou l’excès d’acides gras cislinoléique, précurseur de tous les oméga-6, présents en trop grande quantité dans nos huiles d’assaisonnement (tournesol, maïs, pépin de raisin, noix, soja), dans les margarines et dans un très grand nombre de produits agro-alimentaires tout faits qui en contiennent, favorisent la formation des prostaglandines pro-inflammatoires et négatives sur le plan cardiovasculaire. Les excès de graisses saturées (fromages, beurre, charcuteries, huiles de palme, palmiste,…) et de graisses trans présentes aussi dans les margarines et les produits agro-alimentaires qui les utilisent, l’excès de sucre, la carence en zinc et en antioxydants, tous ces facteurs très présents dans les déséquilibres de l’alimentation quotidienne, amplifiés par le stress (les médiateurs du stress inhibent aussi l’enzyme delta-6-desaturase, enzyme-clé qui permettrait de mener à la synthèse de prostaglandines modulatrices) contribuent à favoriser la formation des prostaglandines et leucotriènes proinflammatoires.

Au contraire, la réduction de l’excès des acides gras oméga-6, trans et saturés, de sucres rapides, la correction des déficits en zinc, des apports suffisamment élevés en antioxydants, et surtout des apports meilleurs en acides gras oméga-3 : huile de colza (9 % d’acide linolénique, précurseur des oméga-3), huile Oméga Force Trois (33 % d’acide linolénique), poissons gras comme les sardines, harengs, maquereaux, saumon et dans certains cas en huile d’onagre (acide gamma-linolénique), permettent de favoriser la formation de prostaglandines de type 1 ou 3, aux effets anti-inflammatoires, anti-allergiques, vasodilatateurs, anti-agrégants plaquettaires, pro-immunitaires et anti-métastatiques [118].

Les polyphénols grenade fermentée inhibent la phospholipase A2 qui per-met le détachement des acides gras polyinsaturés et leur « cascade » en prostaglandines pro-inflammatoires. C’est en particulier grâce à l’inhibition de la phospholipase A2 que les corticoïdes sont anti-inflammatoires. Cet effet est potentialisé par l’administration de vitamine E naturelle associée aux caroténoïdes et à la vitamine C.

Les polyphénols de grenade fermentée inhibent encore les enzymes qui mènent, après le détachement de l’acide arachidonique des membranes cellulaires par la phospholipase A2, à la formation des prostaglandines proinflammatoires de type 2, c’est-à-dire la la cyclooxygénase et la lipooxygénase [3] [4]. Une étude montre l’inhibition par Le jus de grenade de la COX2 dans les cellules cancéreuses du côlon. Or, la COX2 contribue au processus de progression tumorale et de métastase [2].

L’action de l’huile de grenade sur COX2 et LOX apparaît encore plus remarquable.

Les inhibiteurs traditionnels de la COX freinent la production de l’hormone vasodilatatrice et anti-agrégante plaquettaire prostacycline. Ils ne sont donc pas sans effets secondaires gênants sur le cœur et les vaisseaux sanguins.

Ils peuvent aussi favoriser l’action des lipoxygénases en redirigeant les écosanoïdes dans cette voie, ce qui mène à des risques paradoxaux d’aggravation de réactions liées aux leucotriènes. Ces effets ont été constatés par exemple avec l’aspirine et les AINS dans la polyarthrite rhumatoïde et d’autres pathologies auto-immunes.

Le jus de grenade, au contraire, favorise dans les vaisseaux de l’aorte la formation de la prostacycline protectrice (PG12), qui participe, entre autres, à améliorer l’irrigation sanguine [86] et par son effet aussi inhibiteur des lipoxygénases évite les risques d’augmentation des leucotriènes et les effets paradoxaux des anti-inflammatoires qui ne bloquent que l’une des voies de la cascade arachidonique.

Dans la polyarthrite rhumatoïde, l’inflammation dégrade et détruit le tissu cartilagineux des articulations. L’équipe des scientifiques Ahmed S. et al. a démontré en 2005 que Le jus de grenade désactive les voies de signalisation inflammatoires (MAP kinases et NF-kappaB) dans les chondrocytes et freine ainsi la formation de métalloprotéases catalysées par le fer, responsables de la dégradation du cartilage articulaire [5].

Effets protecteurs cardiovasculaires

Les affections cardiovasculaires sont avec les cancers une des premières causes de morbidité et de mortalité précoce. Elles sont non seulement liées à des facteurs de risques nombreux comme le tabagisme, la surcharge pondérale, le diabète, l’hypertension artérielle, les dyslipidémies, le stress, mais à des phénomènes oxydatifs et pro-inflammatoires très nettement favorisés par la pollution et l’alimentation actuelles. En effet celle-ci amène trop de graisses saturées, trans et oméga-6, pas assez de graisses riches en acides gras oméga-3, trop de glucides rapides et pas assez de glucides lents, trop de fer pro-oxydant et pas assez d’antioxydants et d’autres facteurs protecteurs essentiels comme le magnésium ou les phyto-œstrogènes. A la pollution et aux consommations alimentaires délètères, s’ajoutent des facteurs comme la sédentarité, la mauvaise gestion du stress, le manque de soutien psychologique et social. Une vaste étude de l’École de Santé Publique de Harvard sur 87 000 infirmières, a démontré qu’une majorité des infarctus du myocarde pouvaient être évités grâce à une hygiène de vie adéquate.

L’athérosclérose s’explique aujourd’hui par une altération des parois vasculaires par un ensemble d’agresseurs : le tabac, des polluants, un excès de fer, des microtraumatismes dûs à une tension artérielle excessive, des plaquettes trop réactives, des accumulations de graisses glyquées ou oxydées qui restent bloquées dans l’artère et entraînent une mobilisation de globules blancs et leur activation inflammatoire. L’activation inflammatoire des globules blancs accélère le processus d’épaississement et de rigidification des artères. Les déficits en magnésium favorisent à la fois la vasospaticité, l’hypertension, l’hyperactivité plaquettaire, l’inflammation, les passages de fer catalyseurs d’oxydation et les dépôts de calcium qui aggravent la rigidité de l’artère. Il en résulte une perte d’élasticité et un rétrécissement (sténose) des vaisseaux sanguins, une réduction de la capacité d’approvisionnement des tissus en oxygène et nutriments et un risque élevé de thrombi. Ces évolutions moléculaires lentes sont à l’origine du vieillissement général du système cardiovasculaire, avec ses conséquences de moindre perfusion des tissus, en particulier du cœur et du cerveau, ce qui est un facteur de risque de pathologies, en général permises par des facteurs associés : de l’angine de poitrine, de l’infarctus du myocarde, des accidents ischémiques transitoires, des accidents vasculaires cérébraux, de l’artérite…

On sait aujourd’hui que l’on ne peut pas arrêter avec les moyens actuels la dégradation oxydative et inflammatoire des tissus responsable de la sénescence générale et des pathologies dégénératives, dont l’athérosclérose et les maladies cardiovasculaires. Néanmoins on peut puissamment ralentir le mouvement et réduire les risques de pathologies aigues. Les modèles inuit (plus d’acides gras oméga-3, pas de glucides), crétois (plus de fruits et légumes, plus de poissons que de viandes, plus de glucides lents que de glucides rapides) et d’Okinawa où la longévité en bonne santé est la plus grande au monde et les risques de mortalité cardiovasculaire réduits de 80 % [119] en sont une preuve sur de grandes populations (1,3 million d’habitants à Okinawa).

Plusieurs points communs à tous ces modèles, confirmés aussi par des études épidémiologiques et d’intervention dans les pays occidentaux, dont la célèbre Lyon Heart Study de Serge Renaud et Michel de Lorgeril qui a obtenu en prévention secondaire, une réduction de trois quarts des risques de récidive d’infarctus avec un régime crétois : plus de glucides lents que de glucides rapides, plus d’oméga-3, moins de graisses saturées, et – avec l’exception du modèle inuit – plus de fruits et légumes, peu caloriques, riches en fibres, en magnésium et en antioxydants.

Les principes actifs anti-inflammatoires comme les oméga-3 et antioxydants comme la vitamine C, les caroténoïdes (bêta-carotène orange et lycopène rouge en particulier), les polyphénols agissent en synergie avec le magnésium pour s’opposer à l’ensemble des facteurs de risques cardiovasculaires. Les oméga-3, le magnésium comme les antioxydants sont antihypertenseurs, anti-agrégants plaquettaires, protègent les LDL cholestérol des déformations qui mènent à leur blocage dans les cellules spumeuses, calment l’activité des phagocytent, favorisent les prostaglandines protectrices, inhibent la formation des prostaglandines à la fois vasoconstrices, proagrégantes plaquettaires et pro-inflammatoires.

Les extraits de polyphénols de grenade fermentés par leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires apparaissent, en plus des choix alimentaires judicieux mis en avant par les modèles esquimo, crétois et oki-nawaien, un complément puissant à recommander pour contribuer à ré-duire les dégradations moléculaires lentes du système cardiovasculaire et les risques ischémiques ou thrombotiques.

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Extrait tiré du tome 2 "Nutrithérapie", annexe 19 "La grenade fermentée, formule Totum concentrée" de docteur Jean-Paul Curtay.

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