Comprendre la flore bactérienne vaginale

Interaction de la flore bactérienne

La flore bactérienne de l’appareil génital féminin constitue un exemple complexe de la dynamique de la flore microbienne chez la femme. A l’heure actuelle, les règles qui régissent cette dynamique ne sont pas entièrement compris. Lorsqu’une espèce bactérienne exogènes, avec son éventail de facteurs de virulence, est introduite dans l’hôte, la maladie ne se déclare pas toujours. Inversement, dans des conditions définies, les bactéries commensales-endogènes, par exemple  Gardnerella vaginalis, peuvent participer aux processus de la maladie. La maladie causée par des bactéries exogènes et endogènes est corrélée positivement avec un niveau fortement augmenté de réplications bactériennes. La question clé : qu’est ce qui détermine la quantité d’une bactérie donnée à un moment donné? Pour que la maladie se déclare, les bactéries endogènes ou exogènes qui possèdent un potentiel pathogène doivent atteindre un niveau de réplication minimum. Leur capacité d’atteindre ce niveau de réplication est potentiellement régi par leurs relations, inhibitrices ou synergiques, avec d’autres microbes.

Le concept de probiotiques

L’acceptation par la communauté scientifique que les espèces microbiennes peuvent inhiber d’autres espèces différentes a généré un vif intérêt parmi ceux-ci. C’est pourquoi  ce phénomène est exploité pour le bien-être des êtres humains ou des animaux de nos jours [78]. Par exemple, il est bien connu que la consommation de fructo-oligosaccharides permet de privilégier le développement d’une flore intestinale dominées par des Bifidobacteries [79]. Dans ce cas, les fructo-oligosaccharides sont des «prébiotiques» jouant le rôle de substrats qui favorisent le développement d’une microflore non pathogène.
Les Bifidobactéries sont un genres microbiens avec un potentiel probiotique intéressant. La plupart des probiotiques proposés sont des bactéries gram-positives, y compris les entérocoques, les diverses espèces de Lactobacillus (L. crispatus, brevis, acidophilus), Clostridium butyricum, et Bifidobacterium bifidus [80, 81]. En plus de ces bactéries Gram positives, la levure Saccharomyces cerevisiae a été utilisé en tant que probiotique également.

Les approches proposant des probiotiques pour coloniser la flore vaginale sont à l’étude, le conseil de Gorbach [82] estime qu’il est tout aussi pertinent d’utiliser des probiotiques pour la flore vaginale, tout comme ceux utiliser pour leurs effets bénéfiques sur la flore intestinale.

Nombreuses études ont montré les bienfaits des probiotiques pour lutter contre la croissance de bactéries pathogènes.

Dans une étude in vitro, Skarin Sylwan [65] ont démontré la capacité des espèces Lactobacillus dans inhibition de la croissance de certaines espèces bactériennes, y compris G. vaginalis, Peptostreptococcus, et les espèces Bacteroides. Ils attribuaient principalement cette inhibition  à la diminution du pH environnant. Reid et al. [66] ont suggéré un autre mécanisme de contrôle de la flore bactérienne par les Lactobacilles. Ils ont découvert que des fragments de parois cellulaires de cette espèce Lactobacillus pouvaient bloquer la fixation de bactéries uropathogènes à l’épithélium vaginale.

Conclusions

Plusieurs études ont montré que l’environnement microbiologique de la flore vaginale peut influencer positivement la virulence d’une espèce bactérienne et donc, ralenti voire annule la déclaration de la maladie. Les observations suggèrent  que les facteurs environnementaux (et donc la dynamique bactérienne) influencent directement la réplication microbienne. Pour que la maladie se déclare, les bactéries endogènes ou exogènes qui possèdent initialement des propriétés pathogènes doivent atteindre un taux minimum de réplication. Leur capacité à atteindre ce taux minimum est potentiellement régi par interrelations, inhibitrices ou synergiques, avec d’autres microbes.

2015.02.09 Candida LactoGyn Crispatus
114.0 KiB
731 Téléchargements
Détails...