l'alimentation moderne rend dépendant

L’alimentation moderne rend dépendant (extrait 6 du livre du Dr. L.M. Jacob « La Nutrition Raisonnée »)

Le secret de toute bonne drogue est sa vitesse d’afflux. Ainsi, quand on est à jeun, un verre de vin suffit à vous rendre ivre, ce qui n’est pas le cas pendant un repas. En prenant de l’opium, on se sent fatigué mais pas défoncé, l’héroïne a un effet plus fort et rend très dépendant. Mais, fumer sous forme de crack vous fait planer, puis chuter dans la dépendance ultime. Cela fonctionne si sûrement que les dealers peuvent se permettre de distribuer des échantillons gratuits au début. Les clients reviennent toujours.

La vitesse d’afflux et la composition de nos aliments influencent considérablement leur effet métabolique. Une grande vitesse d’afflux comme celle du fastfood qui n’est pas seulement avalé, mais aussi digéré rapidement, grâce aussi aux boissons type « coca », non seulement surcharge le métabolisme, mais fait monter les taux sanguins de glucose, d’acides aminés et d’insuline.

Quand on est jeune et que le métabolisme fonctionne encore bien, cela rend d’abord  hyperactif et heureux.
Je me souviens encore bien de mes rares visites chez McDonalds quand j’étais enfant. Le glucose et les acides aminés associés à un taux élevé d’insuline entraînent une plus grande disponibilité des tryptophanes et d’autres acides aminés importants à partir desquels se forment dans le cerveau des neurotransmetteurs comme les hormones du bonheur que sont la sérotonine et la dopamine ainsi que le transmetteur d’excitation, le glutamate.

Si on consomme régulièrement et abondamment des aliments contenant des nutriments qui affluent rapidement (par exemple un milkshake aux bananes ou un latte macchiato sucré), il faut en augmenter la dose pour obtenir les mêmes sensations de bonheur qu’au début, car nos récepteurs sont régulés à la baisse. Tout excès est régulé dans le sens inverse par la nature.

Une hyper-insulinémie et une résistance à l’insuline chroniques se développent en cas d’augmentation du surpoids. Les taux sanguins de sucre et de protéines ne sont pas seulement élevés après un repas, mais chroniquement – et cela sans nous rendre heureux. Ce sont surtout les personnes en surpoids qui présentent des taux plasmatiques élevés de certains acides aminés après un repas. Cela est probablement dû au fait que ces personnes souffrent d’une résistance à l’insuline et/ou d’hyper-insulinémie à cause de leur adiposité, raison pour laquelle les acides aminés ne sont plus assimilés aussi efficacement dans les cellules musculaires (Pijl et al., 1993)

Le tryptophane – ou comment le sport et les pâtes rendent heureux

L’élément central pour l’hormone du bonheur, la sérotonine, et l’hormone du sommeil et de la régénération, la mélatonine, est le tryptophane.

La combinaison d’hydrates de carbone et de protéines rend heureux, mais fatigue, c’est pourquoi la mère donne à l’enfant un verre de cacao ou de miel avant le coucher.
Ce n’est pas nécessairement bon pour la santé, mais c’est efficace. Cela montre une fois de plus pourquoi l’activité physique et les hydrates de carbone rendent heureux : ils sont la voie « légale » vers le bonheur. Les substances riches en protéines n’ont pas cet effet parce qu’alors la concurrence est trop forte pour le tryptophane. Les pâtes al dente sont métabolisées relativement lentement et rendent heureux plus longtemps.

A la longue, il est nocif d’essayer d’atteindre des pics d’insuline très élevés. On est alors heureux pendant un petit moment, puis on tombe dans un creux métabolique, il faut manger de plus en plus et augmenter la dose; à la longue, c’est la voie toute tracée vers des troubles prononcés du métabolisme. 

C’est pourquoi, on pourrait qualifier le fast food et dans un sens plus large le modèle alimentaire occidental actuel, de variante des toxicomanies légales comme le tabagisme et la consommation maladive d’alcool.
Ce comportement aussi est souvent une tentative d’auto-médication et a souvent des causes psychiques plus profondes, que les drogues n’arrivent pas à éliminer mais renforcent à la longue. Le drogué aussi cherche, mais par de mauvais moyens. Les livres du célèbre psychiatre Viktor Frankl offre une aide importante sur les thèmes de la dépendance et de la quête de sens.

Extraits tirés du livre "La nutrition raisonnée" - Page 192 - 194

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Découvrez d’autres extraits du livre « La Nutrition Raisonnée », de Dr. Jacob.

1er extrait « Vivons-nous vraiment toujours plus longtemps ? »

2e extrait « La viande augmente le risque de diabète et de cancer »

3e extrait « Lait de vache et cancer de la prostate »

4e extrait « Avantages des protéines végétales »

5e extrait « L’huile de poisson peut être bénéfique ou nocive pour le coeur et les vaisseaux »

6e extrait « L’alimentation moderne rend dépendant »

7e extrait « Douleurs articulaires et problèmes intestinaux »

8e extrait « Mensonges et vérités à propos du cholestérol »

9e extrait « La fatigue : un problème lié au foie »

10e extrait « Huile d’olive enrichie en vitamines E. Quels bénéfices santé? »

11e extrait « Du stress permanent vers la dépression nerveuse »

12e extrait « Homocystéine : danger pour les vaisseaux et le cerveau ! »

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