Aliments fonctionnels versus nutraceutiques

Aliments fonctionnels versus nutraceutiques

Quelques petites définitions

Au sens strict du terme tout aliment est fonctionnel car il procure de l’énergie et des nutriments pour la survie[1]. Cependant, partout dans le monde, les termes « aliment fonctionnel » et « nutraceutique » sont largement utilisés.

Il n’existe en réalité pas de définition officielle. En l’absence de consensus on peut se référer aux définitions de Santé Canada[2] (les seules définitions en langue française) :

Un produit nutraceutique est fabriqué à partir d’aliments, mais vendu sous forme de pilules ou de poudres ou sous d’autres formes médicinales qui ne sont pas généralement associées à des aliments et ayant un effet physiologique bénéfique ou une protection contre les maladies chroniques.

Un aliment fonctionnel est semblable en apparence aux aliments conventionnels, il fait partie de l’alimentation normale et il procure des bienfaits physiologiques démontrés et/ou réduit le risque de maladie chronique au-delà des fonctions nutritionnelles de base.

On peut néanmoins différencier deux types d’aliments fonctionnels

Les aliments fonctionnels aux qualités intrinsèques

Certains aliments sont à l’état naturel (sans enrichissement) source de substances (micronutriments ou phytonutriments) à l’effet positif sur la santé. Ces molécules sont suffisamment puissantes pour réduire le risque de certaines maladies, notamment celles dites « de civilisation ». On peut par exemple citer le thé vert pour sa richesse en catéchines ou le cacao pour ses flavonols.

Au Japon les aliments fonctionnels aux qualités intrinsèques remarquables sont appelés FOSHU (Food for Specified Health Uses). C’est le premier pays ayant créé une catégorie spécifique d’aliments santé, encadré par une règlementation. Les FOSHU sont classés distinctement des aliments enrichis et des compléments alimentaires. L’approbation de la mention « FOSHU », processus volontaire, provient du ministère japonais de la santé, du travail et du bien-être[3].

Les aliments fonctionnels enrichis

Certains aliments peuvent être « améliorés » dans le sens où l’on peut augmenter la concentration d’une substance ou bien rajouter un nutriment absent de cet aliment (par exemple lait végétal enrichi en calcium).

Avantages et inconvénients

Avantages santé

L’impact de l’alimentation sur la santé est maintenant largement reconnu. C’est aussi une préoccupation pour le consommateur. C’est d’ailleurs pour répondre à cette attente que les aliments fonctionnels et les nutraceutiques se sont tellement développés. Au sein d’un modèle alimentaire bien équilibré les aliments fonctionnels et nutraceutiques peuvent apporter un « plus » en améliorant certains processus physiologiques (ex : protection cardiovasculaire avec les oméga-3 à longue chaîne).

Aspect

Un nutraceutique revêt la forme galénique d’un médicament, mais tout en ayant une origine naturelle (ex : acides gras, phytonutriments tels que les polyphénols), alors qu’un aliment fonctionnel n’est « visiblement » pas différent de tout autre aliment ; il a la forme et l’aspect d’un aliment courant. Pour certaines personnes qui n’aiment pas avaler des pilules, l’aliment fonctionnel sera préféré. Pour d’autres les nutraceutiques seront considérés comme « plus pratiques »…

Goût, aversions et évictions

La forme « nutraceutique » peut avoir un avantage sur ce point :

un individu ayant une aversion pour un aliment courant aux propriétés fonctionnelles (ou qui l’évite pour d’autres raisons), pourra prendre un extrait concentré de cet aliment sous forme de gélules ou de capsules.
Ainsi il ne fait pas l’impasse sur ce(s) nutriment(s). Il y aurait peut-être des alternatives avec d’autres aliments… mais pas tout le temps (ex : capsules d’huile d’algue riche en DHA pour un végétalien – le régime végétalien ne contient pas de DHA).
D’autre part certains nutriments sont spécifiques à un aliment en particulier (ex : acide punicique, acide gras oméga-5 dans la grenade).

Régularité des prises

La forme « nutraceutique » permet des prises plus régulières que les aliments fonctionnels. Par exemple si l’on mange du poisson gras, on en aura peut-être 2 fois par semaine. Avec des capsules d’EPA et DHA la prise peut être journalière. Les oméga-3 ont certes un effet qui peut s’opérer dans le temps car ils s’incorporent dans les membranes cellulaires… Cependant pour d’autres substances, ayant une demi-vie courte, la prise journalière (ou même plusieurs fois par jour) peut s’avérer d’un point de vue thérapeutique, supérieure.

Concentration

Un nutraceutique ou un aliment fonctionnel permet d’obtenir davantage d’un micronutriment ou phytonutriment par rapport à un aliment courant. Ceci permet d’augmenter la densité micro-nutritionnelle.

Biodisponibilité

Cet élément peut s’avérer fondamentalement différent dans certaines circonstances. Prenons un exemple : le curcuma comme épice alimentaire, qui peut bien évidemment être considéré comme un aliment fonctionnel aux qualités intrinsèques remarquables, ne permet d’obtenir qu’une faible concentration en curcumine (1%) et une absorption vraiment infime de cette dernière. A l’opposé, les formes nutraceutiques de curcumine de dernière génération permettent une absorption considérablement augmentée, correspondant à des dizaines de cuillères à soupe (= à table) de curcuma en poudre (en bioéquivalence).

Doses nutritionnelles/doses pharmacologiques

Alors que des aliments conventionnels apportent des quantités « nutritionnelles » de nutriments, c’est-à-dire des quantités « normales », certains nutraceutiques permettent d’en apporter de très grandes quantités (ex : des gélules d’extrait d’olivier correspondraient, en quantité de polyphénols, à plusieurs litres d’huile d’olive conventionnelle). Les nutraceutiques permettent donc, dans certains cas, d’obtenir des doses pharmacologiques de phytonutriments et les effets qui en découlent.

Coût

Les aliments fonctionnels et les nutraceutiques ont un coût certain mais il faut bien s’en remettre à une évidence : la santé a un coût. C’est un investissement qui sera récupéré sur des dépenses de santé ultérieures, évitées ou limitées.

Conclusion

Aliments fonctionnels ou nutraceutiques? Il convient à chacun de trouver la forme qui lui convient le mieux. Ils ont leur place en prévention primaire des maladies de civilisation. Ils ont aussi un grand intérêt en thérapeutique pure.

Les aliments fonctionnels et les nutraceutiques ont un bel avenir. Le marché est en pleine expansion, et ce, pour répondre aux attentes des consommateurs dans le domaine de la santé et du bien-être.

Ce sont indéniablement des acteurs de la santé de demain.
On peut le voir grâce au développement de la médecine fonctionnelle et nutritionnelle. Ces produits ont une réelle efficacité. Il est néanmoins toujours préférable de consulter un professionnel de santé, si possible en nutrition.

Références

  1. Institute of Food Technologists (IFT). Functional Foods: opportunities and challenges. Expert report
  2. Santé Canada. Produits nautraceutiques/aliments fonctionnels et allégations relatives aux effets sur la santé liés aux aliments
  3. FOSHU. Ministère japonais de la santé, du travail et du bien-être

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