Homéopathie : une thérapie complémentaire aux soins de l’œil ?
Homéopathie : une thérapie complémentaire aux soins de l’œil ?

Homéopathie : une thérapie complémentaire aux soins de l’œil ?

Par Arlette Plancherel Opticienne diplômée ESSO Naturopathe IHMN

A propos de l’auteure
Arlette Plancherel est opticienne/optométriste diplômée suisse pratiquant depuis une trentaine d’années en Suisse. Très intéressée par les médecines alternatives, elle dispose également d’une formation en naturopathie. La présente contribution est une introduction à la réflexion sur les ponts qui peuvent être aujourd’hui jetés entre la médecine traditionnelle et les médecines naturelles, plus particulièrement, l’utilisation de l’homéopathie dans le domaine des soins de l’œil.

Petite introduction à l’homéopathie

Les débuts de l’homéopathie

L’homéopathie a été développée par le médecin allemand Samuel Hahnemann (1755-1843).

Après des études de médecine à l’université de Leipzig, de Vienne et d’Erlangen, il acquit une renommée considérable dans les cercles professionnels pour ses articles sur la médecine et la chimie.

Hahnemann était profondément choqué par le manque de pensée fondamentale de son époque en médecine. Celle-ci consistait principalement à pratiquer des saignées, des applications de sangsues, des purgations et de recourir à l’utilisation de drogues toxiques. Il travaille alors sur des traductions d’ouvrages de matière médicale (1) et a l’idée de faire l’expérimentation de substances sur lui-même et d’en répertorier les effets. Il dressera ensuite la liste exhaustive des empoisonnements enregistrés à travers des siècles d’histoire médicale par des médecins dans différentes régions du monde.

Sur la base de ses recherches et expérimentations, il monte une équipe médicale qui effectue des tests de cas cliniques et enregistre des résultats surprenants.

La base de l’homéopathie : Le phénomène de similitude

Dans le cadre de la pratique de la médecine à l’époque, on s’était déjà aperçu qu’il existait souvent un parallélisme d’action entre le pouvoir toxicologique d’une substance et son pouvoir thérapeutique : ce qui a provoqué le mal peut le guérir par la suite.

Prenons l’exemple d’une personne saine qui est piquée par une abeille, il se produit alors au point de la piqure un œdème subit rose-rouge qui pique, qui brûle et que le sujet cherche à soulager par des applications froides.

Si l’on se trouve devant un autre sujet qui présente une éruption semblable œdémateuse subite, piquante, brulante, qui peut être soulagée par des applications froides mais provoqué par une cause autre qu’une piqûre d’abeille, l’expérimentation homéopathique a démontré que la prise d’une micro dose (dilution homéopathique) de venin d’abeille diminue les symptômes susmentionnés.

La dose infinitésimale (ou micro dose)

Les remèdes homéopathiques sont préparés méticuleusement de manière à pouvoir être dynamisés, à savoir qu’ils doivent être sous forme de liquide. La dynamisation est un processus consistant en une succession de secousses dites « succussions » produites selon un modèle précis et défini par des normes de laboratoire.

Il importe de bien comprendre que dilution et succussion sont des facteurs essentiels dans la production d’un niveau donné de dynamisation d’un produit homéopathique pour qu’il soit cliniquement efficace.

L’échelle centésimale (ou CH), la plus courante en homéopathie, s’applique aux dilutions faites en série sur la base de 1/100. Pour illustrer un ordre de grandeur de la dilution, une dilution homéopathique de 5CH correspond à 5 dilutions successives de 1/100 du produit de base.

Le « type sensible »

Les expérimentations pathogénétiques (2) et thérapeutiques effectuées ont permis aussi aux homéopathes de mettre en évidence des sujets de « type sensible ».

Il s’agit de sujets qui, en expérimentation pathogénétique, toutes choses égales par ailleurs, développent pour un même produit une réactivité plus importante que les autres sujets. Fort de cette constatation, l’homéopathe peut parfois retenir dans son examen clinique, en plus de la sémiologie (3) classique, la morphologie et les aspects comportementaux particuliers des patients (surtout en pathologie chronique).

Dès lors, pour chaque cas particulier, une analyse complète par un homéopathe confirmé est en tous les cas nécessaire.

Sources : Homéopathie Thérapeutique et matière médicale, Jacques Jouanny, Editions Boiron 1998 ; La Science de l’homéopathie, Georges Vithoulkas, Editions du Rocher 1984

Lexique

(1) Matière médicale ou pharmacognosie : science appliquée traitant des matières premières et des substances à potentialité médicamenteuse d’origine biologique ou minérale.
(2) Pathogénésie : En médecine homéopathique, ensemble des signes pathologiques résultant de l’expérimentation, chez l’homme sain, d’une substance médicamenteuse active.
(3) Sémiologie : Pour F. de Saussure, science dont l’objet est l’étude de la vie des signes au sein de la vie sociale

Cas d’application au domaine particulier des soins de l’œil

Je vous invite à consulter l’ouvrage complet de référence en français du Dr Odette Duflo-Boujard ophtalmologue et homéopathe, L’homéopathie pratique pour les soins de l’œil, éditions Marco Pietteur, 2006.

Vous trouverez ci-après quelques citations d’extraits de l’ouvrage précité avec l’aimable autorisation des éditions Marco Pietteur :

Indications et contre-indications de l’homéopathie en ophtalmologie

Indications homéopathiques :

Dans un certain nombre d’affections ophtalmologiques les INDICATIONS HOMEOPATIQUES SONT PREVALENTES :

  • Les affections cutanées et cutanéomuqueuses, telles que l’eczéma des paupières, les blépharites, les conjonctivites chroniques ;
  • Les chalazions ;
  • La sècheresse oculaire ;
  • L’immense domaine de l’allergie, quelle que soit sa localisation dans l’œil ;
  • Les cataractes débutantes et partielles ;
  • Les céphalées (maux de tête) d’origine oculaire ;
  • Les troubles oculaires spasmodiques variés dus à la décompensation de minimes défauts visuels par suite de surmenage visuel lié à la vie moderne et entretenu par de mauvaises conditions d’éclairage, ou le travail sur écran.

Certaines contre-indications sont absolues :

  • Les tumeurs oculaires malignes ;
  • Les affections congénitales relevables de la chirurgie ;
  • Le glaucome congénital, la cataracte congénitale ;
  • Le décollement de rétine
  • Le glaucome aigu, dit par « fermeture de l’angle » ;
  • La toxoplasmose oculaire
  • Les affections dégénératives rétiniennes surtout quand elles se compliquent de l’apparition de vaisseaux pathologiques, appelés néo-vaisseaux qui peuvent dans certains cas détruits au laser ;
  • Certaines maladies immunodépressives, parmi lesquelles les complications oculaires du sida.

Cette liste n’est pas exhaustive car il existe malheureusement d’autres affections oculaires devant lesquelles toutes thérapeutiques restent vaines, en particulier, les maladies génétiques, mais cela nous entrainerait a des explications très techniques (…).

Certaines contre-indications sont relatives…

… dans la mesure où le traitement classique indispensable peut être associe au traitement homéopathique. Ce sera le cas :

  • De certaines maladies métaboliques, dont le diabète, ou le traitement homéopathique permettra Dans un certain nombre de cas de diminuer les doses d’antidiabétique ou d’insuline et d’améliorer la tolérance ;
  • Du glaucome chronique dit »à angle ouvert », ou le traitement homéopathique du terrain psychosomatique est tout-à-fait indiqué, associé au traitement local du glaucome
  • Des herpes récidivants de la cornée, ou, là encore, la prise en considération du terrain particulier du patient, responsable de récidives, permet, par le choix judicieux de médicaments appropriés, d’espacer, de minimiser les récidives jusqu’à l’obtention de guérisons dans un certain nombre de cas ;
  • Dans les uvéites chroniques traites par corticothérapie au long cours, la même stratégie aura pour but de baisser très progressivement les doses de corticoïdes et de diminuer ainsi la cortico- dépendance.

Les résultats des traitements, qu’ils soient allopathiques ou homéopathiques, dépendent certes du type et du mode évolutif de la maladie, mais aussi d’un facteur dont l’importance doit être soulignée, « le seuil de sensibilité individuelle ». Il existe des sujets hypo-sensibles chez lesquels des doses pondérales s’avèrent efficaces et à l’opposé des sujets hypersensibles qui présentent une susceptibilité particulière à la thérapeutique allopathique, multipliant les réactions secondaires et réagissant bien à la thérapeutique infinitésimale.

C’est dire que les différentes thérapeutiques ne s’opposent pas mais peuvent se compléter et qu’il faut avoir la souplesse de passer de l’une à l’autre.

Un début de réponse…

Si le recours à un spécialiste en ophtalmologie est toujours recommandé, l’homéopathie est cependant une thérapie qui peut soulager un patient ou optimiser un traitement en cours. Il est toutefois nécessaire de consulter un spécialiste en ophtalmologie en premier lieu de manière à pouvoir établir si une pathologie particulière pourrait s’avérer être une contre-indication à l’homéopathie avant de recourir à un homéopathe confirmé, lequel pourra apprécier l’ensemble de la sémiologie du patient en prenant en compte le diagnostic éventuel posé par l’ophtalmologue dans certains cas.

© Copyright Arlette Plancherel, 2018

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