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10 raisons pour lesquelles votre taux de vitamine D reste bas

Votre vitamine D est-elle basse ? Vous vous exposez au soleil… vous prenez un complément de vitamine D… Pourtant votre taux n’est pas satisfaisant à la prise de sang et cela vous surprend.  Sachez que de nombreux facteurs peuvent intervenir. Il y a des raisons évidentes, d’autres moins…

Passons en revue les 10 raisons possibles à cette insuffisance en vitamine D :

1. Une exposition aux rayons solaires inadéquate

La vitamine D est fabriquée au niveau de la peau, grâce à un dérivé du cholestérol (le 7-déshydrocholestérol) sous l’action des rayons UVB du soleil. Une exposition insuffisante est donc la raison la plus évidente :

  • En automne et hiver il n’y a pas assez d’ensoleillement. De plus, à nos latitudes pendant ces saisons, l’inclinaison des rayons ne permet pas aux UVB d’avoir la bonne longueur d’onde et la synthèse de vitamine D n’est pas possible.
  • La pollution de l’air agit aussi comme un filtre.
  • Le mode de vie moderne fait que presque tout le monde travaille en intérieur
  • La peur du cancer de la peau et les messages de santé publique ont conduit à une surprotection qui finalement est antinaturelle.
  • La crème solaire ! Un écran d’indice 30 réduit la synthèse de la vitamine D dans la peau de plus de 95% !1

2. Le taux de mélanine de la peau

La couleur de peau et un paramètre très important dans la fabrication de la vitamine D. En effet plus la peau est matte plus il y a de mélanine. Cette dernière agit justement comme un filtre. Plus il y a de mélanine plus la synthèse de vitamine D est ralentie2. Les personnes à la peau noire ont ainsi un risque beaucoup plus important de carence en vitamine D.

3. Moins de vitamine D dans les aliments !

En effet les modes d’élevage intensif et certains procédés industriels de transformation des aliments impactent directement le taux de vitamine D dans le produit de consommation :

  • 4 fois moins de vitamine D dans les poissons d’élevage3
  • 4 fois moins dans les produits à base d’animaux élevés en intérieurs (hangars, cages, batteries)
  • 2 fois moins dans les produits laitiers faibles en matières grasses (hors enrichissement), car la vitamine D est liposoluble4.

4. Moins de vitamine D activée si des déficits en d’autres nutriments sont présents

La vitamine D qui est mesurée à la prise de sang est la forme de stockage, la 25-hydroxy-vitamine D, ou 25(OH)D. Celle-ci a subi une première activation dans le foie par l’enzyme 25-hydroxylase. Elle subira ensuite une deuxième activation au niveau des reins pour devenir la forme entièrement active, agissant comme une véritable hormone. Il se trouve que certains micronutriments sont utilisés comme cofacteurs dans cette activation. C’est le cas du magnésium5 et du fer. Au niveau rénal, l’activation (la deuxième activation) nécessite deux autres composés: la ferrédoxine réductase et la ferrédoxine, qui comme leur nom l’indique, contiennent du fer. Par conséquent, il semble que le métabolisme de la vitamine D dépende du fer et que sa carence pourrait perturber l’activation finale de la vitamine D.6

5. Moins de vitamine D si les apports en acides gras ne sont pas équilibrés dans l’alimentation

En effet, les oméga-3 à longue chaîne (particulièrement le DHA) pourraient avoir un impact positif sur l’activation de la vitamine D. Ceci serait significatif non pas sur la première activation (foie : 25-hdroxylase) mais plutôt sur la forme entièrement activée de la vitamine D (rein : 1-alpha-hydroxylase).7 L’activation finale de la vitamine D est alors un bénéfice supplémentaire qui s’ajoute à la longue liste santé des oméga-3. Les poissons gras sont sources d’oméga-3 longue chaîne, en plus de constituer une des rares sources de vitamine D dans l’alimentation. Les œufs oméga-3 sont une excellente source de DHA (sous forme de phospholipides de surcroît).

Augmenter les acides gras mono-insaturés (oméga-9) et diminuer les polyinsaturés est aussi un moyen d’augmenter l’activation de la vitamine D, dans sa forme 25(OH)D8 (celle qui est mesurée à la prise de sang). La classe de polyinsaturés englobe les oméga-6 et 3. Il est bien évidemment plus judicieux de réduire les oméga-6.

6. Moins de vitamine D en cas de difficultés d’absorption des lipides (utiliser des huiles TCM)

Certaines personnes disent mal « fixer » la vitamine D. En réalité il peut s’agir plutôt d’un problème d’absorption. Elles peuvent tout simplement ne pas parvenir à bien l’assimiler… En effet, en cas de malabsorption des lipides (maladie de Crohn, intestins irritables, défaut de sécrétion biliaire…) la vitamine D prise par voie orale est obligatoirement impactée, car elle est liposoluble. L’astuce est alors de choisir un produit où la vitamine D est solubilisée dans de l’huile de TCM (triglycérides à chaîne moyenne ou MCT en anglais), car ce type de lipides est absorbé par une autre voie (par voie porte, directement au foie, et non pas par voie lymphatique). L’huile de TCM c’est du gras qui n’est pas absorbé comme un corps gras. Ainsi le problème d’absorption peut être solutionné.

7. La graisse corporelle emprisonne la vitamine D

La vitamine D, de par son caractère liposoluble, se stocke dans le gras corporel. Cela peut poser un problème pour les personnes qui ont un taux de masse grasse trop important. L’IMC serait d’ailleurs un meilleur repère que le poids de corps pour décider de la dose à administrer. Des chercheurs sont parvenus à la conclusion qu’il fallait une supplémentation 2 à 3 fois plus importante pour les personnes obèses et 1,5 fois plus élevée pour les sujets en surpoids, par rapport aux sujets de poids normal.9

8. Les personnes ayant des hépatopathies

La vitamine D subit sa première activation dans le foie. C’est cette forme qui est évaluée à la prise de sang. Cette activation pourrait être moins efficace en cas de maladies du foie. Certaines questions subsistent : une carence en vitamine D est-elle simplement une conséquence d’une maladie du foie, ou une carence la cause-t-elle ou l’aggrave-t-elle ?10 Une étude sur des sujets atteints de stéatose hépatique (maladie du foie gras) a révélé que ces derniers répondaient mal à la supplémentation.11 Plus précisément certains répondaient, d’autres non. Les chercheurs ont néanmoins remarqué que le taux de masse grasse était plus important chez les non répondeurs. Une fois de plus on peut imaginer que la vitamine D est retenue dans la masse grasse corporelle. Quoi qu’il en soit il est important d’avoir une bonne santé hépatique car le foie est à l’origine d’un nombre colossal de réactions chimiques dans l’organisme, dont le métabolisme de la vitamine D

9. Les maladies qui « consomment » la vitamine D

Le vieillissement et le diabète installé depuis longtemps semblent « consommer » la vitamine D ou plutôt la « détruire ». En effet, ces deux conditions  augmentent significativement l’expression des CYP24 dans les cellules du foie, enzymes dégradant la vitamine D.12 Il est important de doser la vitamine D chez tout le monde, mais chez les sujets âgés ou diabétiques depuis longtemps il faut être encore plus vigilent.

10. Les personnes qui prennent mal leur complément de vitamine D

Une vitamine D qui ne remonte pas peut aussi trouver son explication dans une mauvaise utilisation des compléments. Il n’est pas rare d’entendre des gens dire qu’ils prennent leur vitamine D à jeun, ou bien d’autres mettre les gouttes dans un verre d’eau. Il faut toujours prendre la vitamine D avec un repas et jamais à jeun. Ce repas doit contenir des lipides car la vitamine D est soluble dans les graisses. Ceci est particulièrement important pour les comprimés secs, mais reste cohérent pour les gouttes huileuses. Par ailleurs les gouttes peuvent rester accrochées aux parois du verre ; pour cette raison il faut les mettre dans une cuillère ou bien directement dans la bouche (devant un miroir pour voir tomber les gouttes).


Références

  1. Matsuoka LY, Ide L, Wortsman J, MacLaughlin JA, Holick MF. Sunscreens suppress cutaneous vitamin D3 synthesis. J Clin Endocrinol Metab. 1987;64(6):1165-1168.
  2. Wacker M, Holick MF. Sunlight and Vitamin D: A global perspective for health. Dermatoendocrinol. 2013;5(1):51-108.
  3. de Roos B, Sneddon AA, Sprague M, Horgan GW, Brouwer IA. The potential impact of compositional changes in farmed fish on its health-giving properties: is it time to reconsider current dietary recommendations? Public Health Nutr. 2017 Aug;20(11):2042-2049.
  4.  Vanderhout SM, Birken CS, Parkin PC, Lebovic G, Chen Y, O’Connor DL, Maguire JL; TARGetKids! Collaboration. Higher milk fat content is associated with higher 25-hydroxyvitamin D concentration in early childhood. Appl Physiol Nutr Metab. 2016 May;41(5):516-21.
  5.  Azizi-Soleiman F, Vafa M, Abiri B, Safavi M. Effects of Iron on Vitamin D Metabolism: A Systematic Review. Int J Prev Med. 2016 Dec 5;7:126.
  6. Azizi-Soleiman F, Vafa M, Abiri B, Safavi M. Effects of Iron on Vitamin D Metabolism: A Systematic Review. Int J Prev Med. 2016 Dec 5;7:126.
  7.  Lee SM, Son YK, Kim SE, An WS. The effects of omega-3 fatty acid on vitamin D activation in hemodialysis patients: a pilot study. Mar Drugs. 2015 Jan 28;13(2):741-55.
  8.  Niramitmahapanya S, Harris SS, Dawson-Hughes B. Type of dietary fat is associated with the 25-hydroxyvitamin D3 increment in response to vitamin D supplementation. J Clin Endocrinol Metab. 2011 Oct;96(10):3170-4. doi: 10.1210/jc.2011-1518.
  9.  Ekwaru JP, Zwicker JD, Holick MF, Giovannucci E, Veugelers PJ. The importance of body weight for the dose response relationship of oral vitamin D supplementation and serum 25-hydroxyvitamin D in healthy volunteers. PLoS One. 2014 Nov 5;9(11):e111265.
  10.  Keane JT, Elangovan H, Stokes RA, Gunton JE. Vitamin D and the Liver-Correlation or Cause? Nutrients. 2018 Apr 16;10(4):496.
  11.  Dasarathy J, Varghese R, Feldman A, Khiyami A, McCullough AJ, Dasarathy S. Patients with Nonalcoholic Fatty Liver Disease Have a Low Response Rate to Vitamin D Supplementation. J Nutr. 2017 Oct;147(10):1938-1946.
  12.  Vuica A, Vukojević K, Ferhatović Hamzić L, Jerić M, Puljak L, Grković I, Filipović N. Expression pattern of CYP24 in liver during ageing in long-term diabetes. Acta Histochem. 2016 Jun;118(5):486-95
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Fabien Piasco
Fabien Piasco est nutritionniste, diplômé d’Etat en diététique, titulaire d’un D.E.S.S. en nutrition Alimentation fonctionnelle et santé (Université Laval, Québec), d’un D.U. Nutrition et maladies métaboliques (Université de Rennes) et d’un diplôme en neuro-nutrition (SiiN). Formé à la micronutrition et à la phytothérapie, spécialiste des nutraceutiques, il a aussi travaillé en pharmacie pendant près de 19 ans. Il intervient actuellement dans un établissement thermal où il dispense ateliers et consultations spécifiques en utilisant le large spectre de la nutrithérapie.

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