Le point sur la consommation d’agrumes et le cancer du sein - Medicatrix

Le point sur la consommation d’agrumes et le cancer du sein

Ces dernières années nous avons beaucoup entendu parler des effets délétères du pamplemousse avec certains traitements médicamenteux (ex : statines, inhibiteurs calciques, etc.). Ce dernier a aussi été pointé du doigt pour son effet sur les œstrogènes (qu’il augmente) et son incidence sur le risque de cancer du sein. Mais que penser des autres agrumes? Essayons de clarifier un peu les choses…

Les effets potentiellement délétères du pamplemousse

PamplemousseDes études (in vitro et in vivo) ont démontré que le cytochrome P450 3A4 (le CYP3A4 est une enzyme intervenant dans la phase 1 de détoxication hépatique) était impliqué dans le métabolisme des œstrogènes. Il se trouve que le pamplemousse est un inhibiteur du CYP3A4. Il réduit donc l’élimination des œstrogènes et en augmente les concentrations dans le sang.

Une étude (publiée dans le British Journal of Cancer en 2007) a été réalisée pour vérifier l’association entre les apports de pamplemousse et le risque de cancer du sein [1]. Les auteurs ont utilisé la Multiethnic Cohort Study d’Hawaii-Los Angeles, une étude de cohorte prospective sur des femmes en post-ménopause de 5 races/groupes ethniques différents. Parmi l’ensemble des participantes un total de 1657 cas de cancer du sein a été rapporté et utilisé pour les analyses statistiques : par rapport aux non-consommatrices, celles qui mangent ¼ de pamplemousse par jour ou plus ont un risque significativement plus élevé (RR=1.30, 95%CI 1.06-1.58). Les auteurs concluent que le pamplemousse pourrait augmenter le risque du cancer du sein, sachant qu’une telle augmentation du risque est comparable avec celle retrouvée pour les utilisatrices/non utilisatrices d’œstrogènes ou d’œstro-progestatifs.

Et les autres agrumes?

On peut dès lors se demander s’il s’agit d’un problème commun à tous les agrumes. Il semble que seul le pamplemousse pose problème.

Les agrumes sont riches en substances protectrices comme les antioxydants.

Pourraient-ils amener une protection contre le cancer du sein? Une étude a été mené en 2013 (revue systématique quantitative des études épidémiologiques qui estimaient la consommation d’agrumes et le risque de cancer du sein) et a conclu à une baisse de 10% du risque pour les plus grandes consommatrices de fruits citrins versus les plus faibles consommatrices [2]. Bien qu’il s’agisse de résultats d’études d’observation, il n’y pas lieu d’éliminer tous les agrumes…

Le super potentiel du limonène

Le limonène est un hydrocarbure terpénique qui donne une odeur typique aux agrumes. Il est notamment très présent dans la peau du citron. Plus que pour sa bonne odeur, on s’intéresse à lui désormais pour ses effets probables sur le cancer du sein.

On a montré son potentiel chémopréventif et chémothérapeutique dans des études précliniques. Une étude pilote a été réalisée avec 43 femmes nouvellement diagnostiquées d’un cancer du sein. Pendant 6 semaines elles ont pris 2 grammes de D-limonène puis des prélèvements sanguins et des biopsies du tissu mammaire ont été réalisés [3]. Cette étude a montré que le D-limonène a une forte affinité pour le tissu mammaire (excellente distribution dans ce tissu) et qu’il permet de réduire l’expression de la cycline D1 (breast tumor cyclin D1), ce qui pourrait mener à l’arrêt du cycle cellulaire et réduire la prolifération cellulaire. Cette étude a certes des limites (pas de groupe placebo, du limonène isolé, pas du zest de citron entier…), mais montre le potentiel du limonène dans la prévention et le traitement du cancer du sein.

De plus, la cycline D1 semble interférer avec l’effet anticancer du traitement par tamoxifène (modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes) [4]. Une raison de plus pour essayer de diminuer l’expression de la cycline D1…

Conclusion

Bien qu’il existe une variabilité interindividuelle (polymorphisme génétique), tous ces éléments permettent de raisonnablement conseiller d’éviter le pamplemousse, de varier les apports de fruits dont les agrumes (excepté pamplemousse), de consommer régulièrement du zest de citron frais biologique, du jus de citron (bio) entier (extracteur, centrifugeuse) et de la poudre de zest de citron (toujours bio) aux femmes ayant un antécédent de cancer du sein ou un risque augmenté pour cette maladie (génétique, histoire familiale).

Références

  1. Monroe KR, Murphy SP, Kolonel LN, Pike MC. Prospective study of grapefruit intake and risk of breast cancer in postmenopausal women: the Multiethnic Cohort Study. Br J Cancer 2007 Aug 6;97(3):440-5.
  2. Song JK, Bae JM. Citrus fruit intake and breast cancer risk: a quantitative systematic review. J Breast Cancer 2013 Mar;16(1):72-6
  3. Miller JA, Lang JE, Ley M, Nagle R, Hsu CH, Thompson PA, Cordova C, Waer A, Chow HH. Human breast tissue disposition and bioactivity of limonene in women with early-stage breast cancer. Cancer Prev Res (Phila) 2013 Jun;6(6):577-84.
  4. Grisanti R. 22% Reduction in Breast Cancer with this Fruit. Functional Medicine University (FMU) : http://www.functionalmedicineuniversity.com/public/985.cfm

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