Du magnésium pour les troubles gynécologiques

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Du magnésium pour les troubles gynécologiques

Le magnésium possède de très nombreuses fonctions dans le corps humain. Il agit comme cofacteur pour plus de 300 enzymes, régulant des fonctions fondamentales telles que la contraction musculaire, la conduction neuromusculaire, le contrôle de la glycémie, les contractions du cœur et la pression artérielle1. De plus, le magnésium joue des rôles essentiels dans la production d’énergie, le transport actif d’autres minéraux à travers les membranes des cellules, ainsi que le développement osseux.

Mais la supplémentation en magnésium pourrait aussi être une aide non négligeable dans plusieurs problèmes féminins.2

Du magnésium contre les symptômes du syndrome prémenstruel

Le syndrome prémenstruel (SPM) englobe plusieurs symptômes, à la fois physiques et psychologiques, qui surviennent quelques jours avant les règles et qui disparaissent généralement à l’arrivée des menstruations.

Une étude3, menée dans 10 centres et sur 4 mois, a évalué l’effet du magnésium, de l’association de vitamine B6 et de magnésium, ou un placebo, sur la gravité du syndrome prémenstruel. Les participantes ont été réparties au hasard dans les deux groupes d’intervention et le groupe témoin (placebo). L’intervention a été réalisée sur deux cycles menstruels et les résultats du pré-test et du post-test ont été comparés.

Après l’intervention, le score moyen du syndrome prémenstruel (évalué par questionnaire) a significativement diminué dans les trois groupes. La diminution était la plus importante dans le groupe magnésium + vitamine B6 et la plus faible dans le groupe placebo.

Du magnésium contre les dysménorrhées

Les dysménorrhées (règles douloureuses) sont probablement liées à l’hyper contractilité du myomètre et à la vasoconstriction des artérioles4. Dans la deuxième partie du cycle, vers la fin de la phase lutéale, le taux de progestérone chute et s’en suit une cascade inflammatoire (via la libération d’acide arachidonique). L’inflammation utérine pendant les menstruations engendre crampes, et bien d’autres symptômes. On pense que si le magnésium s’avère être utile en cas de dysménorrhée c’est parce qu’il est un antagoniste de l’ion calcium, et qu’il permet un relâchement des muscles lisses et donc de la contractilité utérine.

Une autre hypothèse serait l’effet antidouleur du magnésium. En effet c’est un ligand des récepteurs NMDA5. Il pourrait exercer des effets anti-nociceptifs par ce mécanisme.

Trois petits essais cliniques6 ont comparé le magnésium à un placebo. Dans l’ensemble, le magnésium s’est révélé plus efficace que le placebo pour soulager la douleur et le besoin de médicaments était réduit.

Et du magnésium contre la migraine menstruelle

La migraine menstruelle, ou cataméniale, est définie comme une crise de migraine liée au cycle hormonal féminin, qui se déclenche à cause de la chute du taux d’œstrogènes en fin de cycle, et qui intervient pendant les règles. Les œstrogènes ont une importance toute particulière sur les récepteurs sérotoninergiques. La chute hormonale a donc un impact neurologique sur le système nerveux central. Alors que les médicaments les plus utilisés comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (anti-prostaglandines) et les triptans (agonistes des récepteurs à la sérotonine) ont des effets secondaires importants, le magnésium aurait toute sa place comme thérapie naturelle. En effet le magnésium interagit avec les récepteurs sérotoninergiques7. Le rôle du magnésium dans la migraine est finalement bien connu : le déficit favorise la dépression corticale, modifie la douleur et la libération de neurotransmetteurs, et augmente l’hyperagrégation des plaquettes, tous les éléments majeurs du développement de la migraine8.

Une étude9 déjà très ancienne avait montré que les femmes atteintes de migraine menstruelle avaient des taux de magnésium intracellulaire plus bas que les témoins (sans migraine). 

Un seuil de migraine plus bas peut être lié à un manque de magnésium, d’où l’intérêt de la supplémentation pour la prévenir.


Références

  1. Al Alawi AM, Majoni SW, Falhammar H. Magnesium and Human Health: Perspectives and Research Directions. Int J Endocrinol. 2018 Apr 16;2018:9041694. doi: 10.1155/2018/9041694.
  2.  Parazzini F, Di Martino M, Pellegrino P. Magnesium in the gynecological practice: a literature review. Magnes Res. 2017 Feb 1;30(1):1-7.
  3.  Fathizadeh N, Ebrahimi E, Valiani M, Tavakoli N, Yar MH. Evaluating the effect of magnesium and magnesium plus vitamin B6 supplement on the severity of premenstrual syndrome. Iran J Nurs Midwifery Res. 2010 Dec;15(Suppl 1):401-5.
  4.  Sultan C, Gaspari L, Paris F. Adolescent dysmenorrhea. Endocr Dev 2012; 22: 171-80.
  5.  Nikolaev MV, Magazanik LG, Tikhonov DB. Influence of external magnesium ions on the NMDA receptor channel block by different types of organic cations. Neuropharmacology. 2012 Apr;62(5-6):2078-85.
  6.  Proctor ML, Murphy PA. Herbal and dietary therapies for primary and secondary dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2001;(3):CD002124.
  7.  Cardoso CC, Lobato KR, Binfaré RW, Ferreira PK, Rosa AO, Santos AR, Rodrigues AL. Evidence for the involvement of the monoaminergic system in the antidepressant-like effect of magnesium. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 2009 Mar 17;33(2):235-42.
  8.  Yablon LA, Mauskop A. Magnesium in headache. In: Vink R, Nechifor M, editors. Magnesium in the Central Nervous System [Internet]. Adelaide (AU): University of Adelaide Press; 2011.
  9.  Facchinetti F, Sances G, Borella P, Genazzani AR, Nappi G. Magnesium prophylaxis of menstrual migraine: effects on intracellular magnesium. Headache. 1991 May;31(5):298-301.