La nutrition anti-acné - Medicatrix

La nutrition anti-acné

Quand on parle d’acné on pense à l’adolescence et aux hormones… Mais nous allons voir qu’il existe bien d’autres facteurs, notamment liés à l’alimentation. D’ailleurs on peut très bien retrouver de l’acné chez des personnes adultes. En cause : le régime alimentaire occidental !

Le point sur les connaissances

Bodo C. Melnik du département de dermatologie de l’Université d’Osnabrük en Allemagne, a réalisé une excellente revue de la littérature scientifique sur le sujet (incluant 285 références scientifiques). Cet article en est un très court résumé.

L’acné est donc étroitement reliée à la « Western diet » et pas seulement aux hormones androgènes.

Il y a trois classes majeures d’aliments qui peuvent promouvoir l’acné :

  • Les aliments hyperglycémiants.
  • Le lait et les produits laitiers.
  • Les acides gras saturés (acide palmitique) et trans, ainsi que le déficit en oméga-3.

Les aliments hyperglycémiants

millefoglie e bignèLe sucre, les sodas, les sucreries tels que les biscuits et gâteaux en tous genre, les aliments à base de farine blanche comme le pain blanc, le riz blanc ou comme la pâte des pizzas, engendrent une hyperglycémie postprandiale. La réponse physiologique est une sécrétion accrue d’insuline par le pancréas et d’IGF1 (insulin-like growth factor, facteur de croissance) par le foie. Il se trouve que l’IGF1 stimule le signal de transduction des récepteurs aux androgènes en augmentant leur quantité et leur affinité pour leurs ligands. L’excès d’insuline et d’IGF1 entraînent une régulation à la baisse de FoxO1 (ou Forkhead box protein O1, facteur de transcription), lui-même agissant sur des récepteurs nucléaires (PPARγ, LXRα), sur SREBP-1c (Sterol regulatory element-binding protein-1c, un facteur de transcription), et sur les récepteurs aux androgènes (en augmentant leur activation), induisant une hausse de la production de sébum. En fait FoxO1 est un régulateur inhibiteur de récepteurs aux androgènes. Il se trouve que FoxO1 est régulé à la baisse par l’IGF1, ce qui permet donc d’augmenter l’activation des récepteurs aux androgènes.

Lait et produits laitiers

Produits laitiers

Les protéines laitières, riches en leucine (acide aminé) induisent de fortes sécrétions d’insuline et d’IGF1. Ce phénomène est bien connu grâce à l’index insulinémique des aliments : le lactose possède un faible index glycémique mais les produits laitiers ont un index insulinémique très élevé. L’explication vient du fait que les protéines laitières sont fortement insulino-sécrétrices (à cause de la leucine). Les protéines laitières sont riches en acides aminés branchés (connus sous le terme BCAA en anglais). Ces derniers activent mTORC1, un régulateur clé dans l’anabolisme, la prolifération cellulaire et la lipogenèse. mTORC1 via SREBP va stimuler l’expression de la delta-6-désaturase permettant la formation d’acide oléique, un acide gras très représenté dans les triglycérides du sébum. Et comme nous l’avons vu plus haut l’IGF1 augmente la quantité et l’activation des récepteurs aux androgènes, facteur majeur dans l’hyper-séborrhée. Cet excès de sébum permet la prolifération d’une bactérie, Propionibacterium acnes, responsable des boutons et points noirs.

Acides gras saturés et trans

L’acide palmitique, un acide gras saturé, active mTORC1. Au contraire l’EPA, un acide gras oméga-3, inhibe l’activation de mTORC1. On retrouve de l’acide palmitique en quantité très importante (43%) dans l’huile de palme (comme son nom l’indique), mais aussi dans les graisses animales.

En fait l’acide palmitique est le principal acide gras saturé des graisses animales.
On en retrouve par exemple 24,7% dans la graisse de canard, 23,8% dans le saindoux, 23,4% dans la graisse de bœuf et 21,7% dans le beurre (26,1% dans le beurre clarifié). En ce qui concerne l’EPA, acide gras protecteur, les poissons gras sont la meilleure source : sardines, maquereaux, saumon, par exemple. Les acides gras trans, quant à eux, augmentent la réponse inflammatoire au niveau des follicules pilosébacés. Ces derniers sont présents dans les huiles partiellement hydrogénées, les margarines dures (shortening), les biscuits et pâtisseries industriels, les aliments frits et pré-frits.

Une nutrition anti-acné ?

Déjà en 2005, le Dr Loren Cordain (père du régime paléolithique) préconisait déjà un régime Paléo comme traitement de l’acné (pas d’hydrate de carbone hyperglycémiant, pas de lait ou d’autres produits laitiers). Au vu de tous les éléments présents dans la littérature scientifique actuelle, cette diète paraît pleinement justifiée, tout au moins pour

l’exclusion des produits laitiers, des aliments industriels et des glucides raffinés, et pour la large consommation de poisson, de fruits et de légumes.

Conclusion

Assorted raw organic vegetablesL’auteur (Melnik) conclue qu’une « diète anti-acné » idéale serait une nutrition paléo, à faible index glycémique, riche en fruits, légumes, poissons et enrichie en acides gras anti-inflammatoires (huile de poisson). De plus, des phytonutriments seraient utiles (inhibiteurs de mTORC1 et boosters de FoxO1) : la curcumine (polyphénol du curcuma), le resvératrol (polyphénol présent notamment dans la peau du raisin rouge), la génistéine (issue du soja), la silymarine (chardon-Marie), l’EGCG (épigallocatéchine-3-gallate du thé vert).

Référence

Melnik BC. Linking diet to acne metabolomics, inflammation, and comedogenesis : an update. Clin Cosmet Investig Dermatol 2015 Jul 15;8:371-88.

 

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