Les dangers méconnus du fructose

130

Après avoir largement vanté les mérites, lors des années 1980, de ce « sucre naturel », la communauté scientifique est aujourd’hui unanime. Le fructose constitue le pire conseil alimentaire que l’on puisse donner aux diabétiques, lesquels doivent séance tenante jeter leurs confitures au fructose dans la première poubelle disponible.

Par exemple, on sait aujourd’hui que la consommation exagérée de fructose provoque de l’hypertension, des dysfonctionnements rénaux, une hausse de l’acide urique, une accumulation de graisse viscérale au niveau de l’abdomen (dont le fameux « foie gras »), du diabète (tiens !) et le redoutable syndrome métabolique.

Ce dernier représente le véritable fléau des temps modernes combinant des signes physiques (obésité ou plus simplement excès de graisse abdominale, aspect « en pomme », hausse de la tension artérielle) et des anomalies biologiques (hausse de l’insuline et des triglycérides, baisse du bon cholestérol HDLhausse des enzymes hépatiques TGP) – un cocktail explosif conduisant directement aux maladies dégénératives : diabète, accidents cardiovasculaires, maladie d’Alzheimer…

Mais qu’est-ce que « trop de fructose » et toutes les formes de fructose sont-elles égales devant ce tableau apocalyptique?  Non, le fructose des fruits et des légumes n’est pas aussi dangereux que celui utilisé de plus en plus comme édulcorant, une forme cristallisée produite à partir des déchets de maïs (HFCS ou high fructose corn syrup).  Son prix très attractif et son pouvoir sucrant supérieur à celui du sucre classique (saccharose) le rendent irrésistible pour l’industrie alimentaire, d’autant plus qu’il n’entraîne aucune satiété, contrairement aux sucres et aux graisses classiques.

Pour donner des repères, on peut fixer à 30 grammes quotidiens le plafond souhaitable pour la consommation de fructose, mais ce chiffre devrait être réduit chez ceux qui présentent un taux un peu plus élevé et, a fortiori, anormalement élevé d’acide urique.  En cas d’hyperuricémie, il faudrait descendre à 15 grammes par jour !

En pratique, on peut trouver une « liste fructose » sur mon site internet www.gmouton.com (fichier PDF à télécharger gratuitement). Cette liste donne tous les contenus en fructose des fruits, légumes, fruits secs et boissons diverses.  On y trouvera aussi toutes les références scientifiques sur ce thème via la conférence sur le fructose (onglet Conférences/Nutrition & Fonction), en anglais bien entendu.

Remarque finale : ne croyez pas les emballages des jus de fruits : « sans sucre ajouté » veut dire « pas de saccharase ajouté » mais le fructose abonde. On le retrouve au verso, repris dans les « hydrates de carbone dont sucres… ».  La tromperie revient à jouer sur le « s » de sucres : le fructose n’est pas du sucre mais un des sucres !

Article précédentL’huile d’olive contre le diabète
Article suivantLes inconvénients des laits végétaux
Avatar
Diplôme de docteur en médecine, Université de Liège (Belgique) en 1985. Le Dr. Georges Mouton est reconnu internationalement comme un expert en médecine fonctionnelle. Il tient des consultations à Londres où il utilise une approche de la médecine fonctionnelle sophistiquée à la fois pour traiter les plaintes de son patient et les prévenir des maladies dégénératives chroniques ou affections futures. Dr. Mouton donne des conférences sur un large éventail de sujets médicaux aux professionnels de soins de santé à travers le monde. Ses conférences, articles et résumés sont toutes librement accessibles ici. Il est l'auteur du livre, "Ecosystème intestinal et la santé optimale" (des éditions Resurgence). Au fil de 26 chapitres qui se lisent comme un roman, constellés de références scientifiques, de tableaux et de graphiques, Dr. Mouton vous emmène à la découverte de la microflore et de la muqueuse intestinales.

Laisser un commentaire