Les principes fondamentaux en nutrition

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La quantité optimale

Qui n’a pas entendu : « pour maigrir il faut beaucoup de protéines », « pour être en forme il faut beaucoup de fruits », etc. Le principe « il faut beaucoup de… » est vraiment tout ce qu’il y a de plus faux en nutrition. En fait, pour chaque situation et pour chaque individu, il y a une quantité optimale de tel aliment ou de tel nutriment. Etre en dessous c’est empêcher son organisme de bien fonctionner. Inversement, des apports excessifs encrassent, fatiguent et peuvent faire dysfonctionner le métabolisme. En voici des exemples : stress oxydant augmenté en cas de consommation trop importantes de bons acides gras, taux d’absorption de certains minéraux fortement diminué en cas de consommation massive de fibres entraînant des apports aberrants en facteurs antinutritionnels comme l’acide phytique. De plus la surconsommation d’un élément entraîne la sous-consommation d’un autre par effet de chasse. Comme le dit si bien un proverbe arabe : le trop de quelque chose est un manque de quelque chose.

La matrice

La matrice alimentaire permet à nos propres cellules de tirer profit de ce que les cellules végétales ou animales (nos aliments) avaient produit. La vision futuriste que l’alimentation serait un jour réduite à la prise de quelques pilules est absurde. L’homme n’a jusqu’à présent jamais réussi à faire aussi bien que la nature. Les éléments sont bien trop nombreux et agissent en synergie. Dans le même registre, les meilleurs compléments alimentaires sont ceux qui utilisent une matrice existante dans la nature : le Quinton® avec l’eau de mer, les compléments de calcium/magnésium issus du corail avec un rapport idéal entre les deux minéraux, les produits à base d’aliments fermentés permettant de décupler les micronutriments, les enzymes, rendre plus biodisponibles les polyphénols, etc. Une molécule isolée, hors de sa matrice, peut perdre tout effet.

Ne pas confondre nutriment et aliment

C’est une confusion assez fréquente : « l’orange c’est de la vitamine C », « le chocolat c’est du magnésium », le « vin rouge c’est du resvératrol ». Toutes ces affirmations sont inexactes.

Un aliment ce n’est pas un seul nutriment, mais des dizaines, voire plusieurs centaines d’éléments différents. On pourrait finalement dire tout et son contraire : « le chocolat ça calme car c’est du magnésium », mais aussi « le chocolat est excitant car il contient de la caféine »… On voit donc qu’il ne faut faire aucun raccourci au risque de se tromper. Un dernier exemple peut bien l’illustrer : la caféine est délétère en cas d’endométriose, donc on pourrait déconseiller le café, le thé noir et le thé vert car ils en contiennent. Or le thé vert est bénéfique en cas d’endométriose car il contient des catéchines, et ce malgré la présence de caféine…

Prévenir plutôt que guérir

La nutrition est un outil de prévention très puissant. Cependant comme toutes les alternatives naturelles, le traitement nutritionnel peut s’avérer moins efficace une fois la maladie développée, et surtout s’avérer compliqué en cas de médication. On peut par exemple citer l’effet bénéfique des oméga-3 qui disparait avec la prise de statines ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou bien la difficulté à proposer un traitement à base de sels minéraux alcalinisants à un hypertendu qui prend des diurétiques hyperkaliémiants (le spironolactone peut augmenter le taux de potassium dans le sang).

Bref, utiliser la nutrition et avoir un mode de vie sain constituent la meilleure solution pour prévenir les maladies métaboliques. Dès les premiers signes évocateurs il faut réagir. Normaliser la tension artérielle, stopper un diabète de type 2 débutant, sont par exemple tout à fait possibles avec une réforme alimentaire complète.

Chaque cas est unique

Nous voyons ces dernières années émerger une véritable quête vers le modèle alimentaire le plus protecteur pour la santé : régime crétois, végétarien, végétalien, Seignalet, paléo… Croire qu’un seul modèle alimentaire puisse être la solution à tout un chacun est aussi une erreur. Chaque cas est unique et il est nécessaire de le prendre comme point de départ pour trouver l’alimentation la plus favorable dans le but de maintenir ou retrouver la santé. Un autre paramètre important :

la composante nutritionnelle ne doit jamais passer avant la tolérance à un aliment.

Cela veut dire qu’il ne faut en aucun cas se forcer à consommer un aliment qui ne convient pas sous prétexte qu’il apporte tel nutriment. Les dégâts, notamment inflammatoires, causées par une hypersensibilité alimentaire sont bien supérieurs aux bénéfices liés aux nutriments qu’il apporte.

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Fabien Piasco est nutritionniste, diplômé d’Etat en diététique, titulaire d’un D.E.S.S. en nutrition Alimentation fonctionnelle et santé (Université Laval, Québec), d’un D.U. Nutrition et maladies métaboliques (Université de Rennes) et d’un diplôme en neuro-nutrition (SiiN). Formé à la micronutrition et à la phytothérapie, spécialiste des nutraceutiques, il a aussi travaillé en pharmacie pendant près de 19 ans. Il intervient actuellement dans un établissement thermal où il dispense ateliers et consultations spécifiques en utilisant le large spectre de la nutrithérapie.