Savez-vous que des analyses sanguines sont parfois faussées?

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Quel crédit accorder à la mesure de la capacité antioxydante du plasma  ?

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Les professionnels de la santé s’intéressent de plus en plus aux effets protecteurs des antioxydants en matière de santé cardiovasculaire et de prévention des cancers.

Il est bien démontré que plus le statut sanguin en antioxydants comme les vitamines C et E, le b-carotène ou encore le sélénium est bas, plus le risque de développer des maladies cardiovasculaires et des cancers est élevé. Il existe donc logiquement une demande accrue de la part des médecins pour réaliser des analyses sanguines d’antioxydants. Malheureusement, celles-ci ont un coût relativement élevé.

 

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Début des années 2000, des chercheurs américains ont proposé la mesure de la capacité antioxydante totale (Total Antioxidant Status ou TAS) ou globale du plasma afin de contourner ce problème économique. L’idée consistait à produire dans un tube à essai des radicaux libres (ou des espèces oxygénées activées) qui vont attaquer une sonde biologique dont l’oxydation suivie par diverses méthodes est censée être inhibée par les antioxydants présents dans le plasma. Par sa simplicité d’utilisation, cette méthode globale a séduit les professionnels de la santé mais aussi les laboratoires d’analyse.

Malheureusement, cette méthode présente de très nombreuses lacunes de sorte qu’elle ne peut en aucun cas servir de marqueur de la présence d’un stress oxydant chez un individu ou encore être à la base de la prescription d’antioxydants. Parmi de multiples raisons revues en détail dans les articles référencés ci-dessous, une des principales est que cette analyse est étroitement liée au taux sanguin en acide urique et en protéines totales qui représente à lui tout seul plus de 80 à 90% de la capacité antioxydante totale du plasma. Par ailleurs, la prise de médicaments qui, en plus de leur action principale, peuvent avoir une activité antioxydante secondaire interférera beaucoup dans les résultats. Dans un article récemment rédigé par un groupe d’experts mondiaux dans le domaine des antioxydants, il est très fermement recommandé de proscrire ce type de test dans le cadre de la médecine nutritionnelle.

Références

  • Sies H. Total antioxidant capacity. Appraisal of a concept. Journal of Nutrition, 137:1493-95, 2007.
  • Pincemail J et al. La mesure de la capacité antioxydante totale du plasma (CAG) : une revue critique. Soumis à Ann Biol Clin., 2014.
  • Pompella A et al. The use of « total antioxidant capacity » as surrogate marker for food quality and its impact on health is to be discouraged. Nutrition, accepté pour publication.

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