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Tout le potentiel du CBD

La culture et l’utilisation du chanvre (Cannabis) datent de 5000 à 6000 ans. Sa culture pour la fibre textile est originaire d’Egypte et d’Asie occidentale. Elle a été introduite en Europe entre 1000 et 2000 avant J.C. et en Amérique du Sud, au Chili, en 1545. Plus de 60 ans plus tard, en 1606, la culture du chanvre a été introduite en Amérique du Nord à Port Royal au Canada.

Le chanvre : une utilisation ancestrale

Les premiers récits de son utilisation médicinale viennent du Moyen-Orient et d’Asie au cours du VIème siècle avant J.C. Son introduction dans la médecine occidentale est survenue au début du XIXème siècle.

Une composition complexe et un énorme potentiel

Le chanvre (Cannabis sativa) contient plus de 560 constituants et plus d’une centaine de cannabinoïdes [1].

Les cannabinoïdes ont attiré l’attention des chercheurs pour leur actions potentielles dans un certain nombre de maladies graves, telles que le glaucome, la dépression, les névralgies, la sclérose en plaques, la maladie d’Alzheimer et l’atténuation des symptômes du VIH, du sida et du cancer.

Ne pas confondre THC et CBD !

THC vs CBD

Beaucoup ont une peur injustifiée du CBD (cannabidiol). Mais il ne faut absolument pas le confondre avec un autre cannabinoïde, le tétrahydrocannabinol, plus connu sous le nom de THC.

Le THC est en effet considéré comme une drogue. C’est lui qui produit les effets « récréatifs » de la résine de cannabis ou de la Marijuana. Le CBD quant à lui n’est pas psychoactif, mais exerce un certain nombre d’effets pharmacologiques bénéfiques !

Le CBD cible 76 voies différentes dans le corps !

Le CBD agit directement et indirectement avec le système endocannabinoïde. En fait il agit très peu sur les récepteurs CB1 et CB2, contrairement au THC. Il a d’autres cibles :

  • il augmente la concentration d’anandamide (un endocannabinoïde),
  • il se lie aux récepteurs à la sérotonine,
  • il interagit avec les récepteurs couplés aux protéines G (notamment le GPR55), les récepteurs aux opioïdes, et encore bien d’autres.

Au total, le CBD agirait sur 76 cibles moléculaires différentes dans l’organisme [2] !

Un excellent antalgique, mais pas seulement

De nombreuses études précliniques (sur les rongeurs) ont démontré l’effet anti-nociceptif (antidouleur) du CBD. C’est le cas notamment pour les douleurs neuropathiques[3], [4]. Mais au-delà du traitement de la douleur, le CBD peut améliorer toutes sortes de problèmes de santé, ce que nous allons voir.

Le CBD est antioxydant

Le stress oxydant, un excès d’oxydation par rapport à la capacité antioxydante, est un processus délétère impliqué dans tous les problèmes de santé.

Les groupes hydroxyle du cycle phénol seraient principalement responsables de l’activité antioxydante directe du CBD [5].

Mais le CBD possède des propriétés antioxydantes directes et indirectes [6] :

CBD : Propriétés antioxydantes directes et indirectes

Par ailleurs on pense que l’activité antioxydante la plus importante du CBD est liée à son effet sur les récepteurs. Le CBD, selon la concentration, peut activer, antagoniser ou inhiber les récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2, ainsi que les récepteurs ionotropes (TRP) et nucléaires (PPAR) [7].

Le CBD est anti-inflammatoire

Le CBD ne se limite pas à diminuer la douleur, il agit également sur l’inflammation !

Des études cliniques ont confirmé que le CBD réduit les niveaux de cytokines pro-inflammatoires, inhibe la prolifération des lymphocytes T, induit l’apoptose des lymphocytes T et réduit la migration et l’adhésion des cellules immunitaires [8].

Son action anti-inflammatoire est aussi liée à l’augmentation de l’anandamide, un endocannabinoïde, c’est-à-dire une molécule cannabinoïde produite par l’organisme [9].

Le CBD agit finalement comme anti-inflammatoire en modulant le système immunitaire et de façon indirecte sur le système endocannabinoïde.

Le CBD, une aide probable dans les pathologies articulaires

Quelques études animales ont montré l’intérêt du CBD dans l’arthrose [10]. Par ailleurs une étude, cette fois-ci sur des humains, a révélé un fait intéressant : les endocannabinoïdes anandamide (AEA) et 2-arachidonyl glycérol (2-AG) ont été identifiés dans le liquide synovial de patients atteints d’arthrose et de polyarthrite rhumatoïde.[11] D’après leurs données, les chercheurs ont conclu que le système des récepteurs cannabinoïdes présent dans la synoviale peut être une cible thérapeutique importante pour le traitement de la douleur et de l’inflammation associées à l’arthrose et à la polyarthrite rhumatoïde.

Un anxiolytique naturel

Etant donné la présence du système endocannabinoïde dans le système nerveux central, le CBD pourrait être utile dans de nombreuses affections neuropsychiatriques ou neurodégénératives.

Le CBD a été évalué chez des sujets présentant un trouble d’anxiété sociale généralisée (TAS) lors d’un test de prise de parole en public [12]. Un total de 24 patients atteints de TAS n’ayant jamais été traités ont été répartis pour recevoir soit du CBD (600 mg) soit un placebo dans une conception randomisée en double aveugle, 1 heure et demie avant le test. Le prétraitement au cannabidiol a considérablement réduit l’anxiété mesurée par l’échelle visuelle analogique de l’humeur.

Une autre étude (avec 400 mg de CBD), celle-ci utilisant la neuro-imagerie fonctionnelle a montré que le CBD réduit l’anxiété dans le TAS de par ses effets sur l’activité cérébrale dans les zones limbiques et paralimbiques [13].

Agit aussi comme un antidépresseur

Des données scientifiques récentes montrent que le CBD possède un effet antidépresseur rapide et soutenu (dans des études animales) [14]. Le CBD a la capacité d’interagir avec plusieurs systèmes de neurotransmetteurs impliqués dans la dépression, y compris les systèmes sérotoninergique, glutamatergique et endocannabinoïde. Sur le plan cellulaire et moléculaire, le CBD induit des changements dans les régions du cerveau liées à la neurobiologie de la dépression : il permet l’augmentation des niveaux de facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) et la synaptogenèse dans le cortex préfrontal médian.  Il augmente aussi la formation de nouveaux neurones dans l’hippocampe !

Il permet de mieux dormir

Le CBD peut en effet améliorer la qualité du sommeil. Il est considéré comme prometteur pour les troubles du comportement en sommeil paradoxal et la somnolence diurne excessive [15].

Pour améliorer la qualité de vie dans Parkinson

Dans un essai contrôlé par placebo, 21 patients atteints de la maladie de Parkinson ont été randomisés pour recevoir du cannabidiol à 75 mg ou 300 mg par jour, ou un placebo, pendant 6 semaines. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les groupes sur le score des symptômes moteurs et généraux. Cependant, une amélioration significative a été rapportée pour la mesure de l’amélioration de la qualité de vie pour ceux qui ont reçu 300 mg de CBD par jour.

Un traitement adjuvant naturel dans la sclérose en plaques pour améliorer la mobilité

Alors que le THC présente des avantages dans le traitement de la spasticité et de la douleur neuropathique dans la sclérose en plaques (SEP), certains auteurs pensent que CBD pourrait être recommandé pour les patients atteints de SEP afin de réduire la fatigue, la douleur, la spasticité et, finalement d’améliorer la mobilité [16].

Endométriose et système endocannabinoïde

Le système endocannabinoïde serait impliqué dans l’endométriose. Il contribue aux mécanismes sous-jacents, à la fois à l’innervation périphérique des excroissances anormales et à la douleur associée à l’endométriose [17].

Une autre molécule agissant sur le système endocannabinoïde a par ailleurs déjà été étudiée : il s’agit du PEA (palmitoyléthanolamide). Plusieurs essais cliniques ont montré son intérêt dans la gestion de la douleur dans l’endométriose.

Au-delà de ses actions anti-inflammatoires et antalgiques, le CBD présente un autre intérêt dans l’endométriose : il est anti-œstrogène. Il réduit la formation d’œstrogènes notamment grâce à son action anti-aromatase [18].

Anti-cancer

Le CBD semble avoir un grand intérêt dans le domaine de la cancérologie. Il a été testé dans différents cancers. Par exemple, pour le gliome le CBD, seul ou avec d’autres agents, induit l’apoptose (mort cellulaire), inhibe la migration et l’invasion cellulaires in vitro, diminue la taille, la vascularisation, la croissance et le poids de la tumeur, augmente la survie et induit la régression tumorale in vivo.

Le CBD présente bien évidemment un intérêt dans d’autres cancers et a été étudié dans la leucémie, le lymphome, les cancers de la prostate, des poumons et du côlon par exemple [19].

Dans le cancer du sein, les cannabinoïdes bloquent la progression du cycle cellulaire et la croissance cellulaire et induisent l’apoptose des cellules cancéreuses en inhibant les voies de signalisation pro-oncogènes. Ils réduisent l’angiogenèse et les métastases tumorales (études animales).

Le plus intéressant : les cannabinoïdes sont actifs dans les cancers du sein dits hormono-dépendants, mais aussi dans les non hormono-dépendants [20]

Le CBD pourrait-il être utile pour les sportifs ?

Les études directes sur le CBD et les performances sportives font actuellement défaut, mais son utilisation semble pertinente au vu des effets anti-inflammatoires, neuro-protecteurs et analgésiques robustes du CBD. Certaines données suggèrent également que le CBD peut protéger contre les dommages gastro-intestinaux associés à l’inflammation et favoriser la guérison des lésions squelettiques traumatiques [21].

Conclusion

En ciblant 76 cibles moléculaires dans l’organisme, le CBD semble être un traitement naturel intéressant pour un spectre très large de problèmes de santé.


Références

[1] ElSohly MA, Radwan MM, Gul W, Chandra S, Galal A. Phytochemistry of Cannabis sativa L. Prog Chem Org Nat Prod. 2017;103:1-36

[2] Mlost J, Bryk M, Starowicz K. Cannabidiol for Pain Treatment: Focus on Pharmacology and Mechanism of Action. Int J Mol Sci. 2020 Nov 23;21(22):8870.

[3] Costa B, Trovato AE, Comelli F, Giagnoni G, Colleoni M. The non-psychoactive cannabis constituent cannabidiol is an orally effective therapeutic agent in rat chronic inflammatory and neuropathic pain. Eur J Pharmacol. 2007 Feb 5;556(1-3):75-83.

[4] Casey SL, Atwal N, Vaughan CW. Cannabis constituent synergy in a mouse neuropathic pain model. Pain. 2017 Dec;158(12):2452-2460.

[5] Borges RS, Batista J Jr, Viana RB, Baetas AC, Orestes E, Andrade MA, Honório KM, da Silva AB. Understanding the molecular aspects of tetrahydrocannabinol and cannabidiol as antioxidants. Molecules. 2013 Oct 14;18(10):12663-74.

[6] Atalay S, Jarocka-Karpowicz I, Skrzydlewska E. Antioxidative and Anti-Inflammatory Properties of Cannabidiol. Antioxidants (Basel). 2019 Dec 25;9(1):21.

[7] De Petrocellis L, Nabissi M, Santoni G, Ligresti A. Actions and Regulation of Ionotropic Cannabinoid Receptors. Adv Pharmacol. 2017;80:249-289.

[8] Jean-Gilles L, Braitch M, Latif ML, Aram J, Fahey AJ, Edwards LJ, Robins RA, Tanasescu R, Tighe PJ, Gran B, Showe LC, Alexander SP, Chapman V, Kendall DA, Constantinescu CS. Effects of pro-inflammatory cytokines on cannabinoid CB1 and CB2 receptors in immune cells. Acta Physiol (Oxf). 2015 May;214(1):63-74.

[9] Petrosino S, Verde R, Vaia M, Allarà M, Iuvone T, Di Marzo V. Anti-inflammatory Properties of Cannabidiol, a Nonpsychotropic Cannabinoid, in Experimental Allergic Contact Dermatitis. J Pharmacol Exp Ther. 2018 Jun;365(3):652-663.

[10] Gusho CA, Court T. Cannabidiol: A Brief Review of Its Therapeutic and Pharmacologic Efficacy in the Management of Joint Disease. Cureus. 2020 Mar 23;12(3):e7375.

[11] Richardson D, Pearson RG, Kurian N, Latif ML, Garle MJ, Barrett DA, Kendall DA, Scammell BE, Reeve AJ, Chapman V. Characterisation of the cannabinoid receptor system in synovial tissue and fluid in patients with osteoarthritis and rheumatoid arthritis. Arthritis Res Ther. 2008;10(2):R43.

[12] Bergamaschi MM, Queiroz RH, Chagas MH, de Oliveira DC, De Martinis BS, Kapczinski F, Quevedo J, Roesler R, Schröder N, Nardi AE, Martín-Santos R, Hallak JE, Zuardi AW, Crippa JA. Cannabidiol reduces the anxiety induced by simulated public speaking in treatment-naïve social phobia patients. Neuropsychopharmacology. 2011 May;36(6):1219-26.

[13] Crippa JA, Derenusson GN, Ferrari TB, Wichert-Ana L, Duran FL, Martin-Santos R, Simões MV, Bhattacharyya S, Fusar-Poli P, Atakan Z, Santos Filho A, Freitas-Ferrari MC, McGuire PK, Zuardi AW, Busatto GF, Hallak JE. Neural basis of anxiolytic effects of cannabidiol (CBD) in generalized social anxiety disorder: a preliminary report. J Psychopharmacol. 2011 Jan;25(1):121-30.

[14] Silote GP, Sartim A, Sales A, Eskelund A, Guimarães FS, Wegener G, Joca S. Emerging evidence for the antidepressant effect of cannabidiol and the underlying molecular mechanisms. J Chem Neuroanat. 2019 Jul;98:104-116.

[15] Babson KA, Sottile J, Morabito D. Cannabis, Cannabinoids, and Sleep: a Review of the Literature. Curr Psychiatry Rep. 2017 Apr;19(4):23.

[16] Rudroff T, Sosnoff J. Cannabidiol to Improve Mobility in People with Multiple Sclerosis. Front Neurol. 2018 Mar 22;9:183.

[17] Dmitrieva N, Nagabukuro H, Resuehr D, Zhang G, McAllister SL, McGinty KA, Mackie K, Berkley KJ. Endocannabinoid involvement in endometriosis. Pain. 2010 Dec;151(3):703-710.

[18] Almada M, Amaral C, Oliveira A, Fernandes PA, Ramos MJ, Fonseca BM, Correia-da-Silva G, Teixeira N. Cannabidiol (CBD) but not tetrahydrocannabinol (THC) dysregulate in vitro decidualization of human endometrial stromal cells by disruption of estrogen signaling. Reprod Toxicol. 2020 Apr;93:75-82.

[19] Seltzer ES, Watters AK, MacKenzie D Jr, Granat LM, Zhang D. Cannabidiol (CBD) as a Promising Anti-Cancer Drug. Cancers (Basel). 2020 Oct 30;12(11):3203.

[20] Kisková T, Mungenast F, Suváková M, Jäger W, Thalhammer T. Future Aspects for Cannabinoids in Breast Cancer Therapy. Int J Mol Sci. 2019 Apr 3;20(7):1673.

[21] McCartney D, Benson MJ, Desbrow B, Irwin C, Suraev A, McGregor IS. Cannabidiol and Sports Performance: a Narrative Review of Relevant Evidence and Recommendations for Future Research. Sports Med Open. 2020 Jul 6;6(1):27.

Fabien Piasco
Fabien Piasco est nutritionniste, diplômé d’Etat en diététique, titulaire d’un D.E.S.S. en nutrition Alimentation fonctionnelle et santé (Université Laval, Québec), d’un D.U. Nutrition et maladies métaboliques (Université de Rennes) et d’un diplôme en neuro-nutrition (SiiN). Formé à la micronutrition et à la phytothérapie, spécialiste des nutraceutiques, il a aussi travaillé en pharmacie pendant près de 19 ans. Il intervient actuellement dans un établissement thermal où il dispense ateliers et consultations spécifiques en utilisant le large spectre de la nutrithérapie.

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