De la vitamine D contre le syndrome prémenstruel

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De la vitamine D contre le syndrome prémenstruel

Le syndrome prémenstruel (SPM) englobe plusieurs symptômes, à la fois physiques et psychologiques, qui surviennent quelques jours avant les règles et qui disparaissent généralement à l’arrivée des menstruations. 

Même si le taux sanguin n’est pas révélateur, la supplémentation en vitamine D pourrait soulager du SPM !

Une méta-analyse portant sur 16 études n’a pas montré de corrélation significative entre le taux sanguin de vitamine D et le SPM. Néanmoins, les études d’intervention ont montré que la supplémentation en vitamine D était efficace pour soulager les symptômes du SPM !1 Les auteurs ont d’ailleurs conclu que la vitamine D pourrait exercer des effets cliniques importants sur les symptômes du SPM.

Les fortes doses de vitamine D diminuent le SPM

Dans une étude iranienne2, 897 adolescentes ont reçu de la vitamine D à forte dose (50 000 UI / semaine) et ont été suivies pendant 9 semaines. La prévalence du syndrome prémenstruel après l’intervention est passée de 14,9% à 4,8%. Des résultats similaires ont également été trouvés pour la prévalence des dysménorrhées (35,9% réduits à 32,4%) et chez les jeunes femmes atteintes à la fois de SPM et de dysménorrhée (32,7% réduits à 25,7%). La supplémentation en vitamine D a été associée à une réduction de l’incidence de plusieurs symptômes du syndrome prémenstruel tels que les maux de dos et la tendance à pleurer facilement. 

Dans un essai clinique randomisé3 l’effet de la supplémentation en vitamine D sur les marqueurs inflammatoires et antioxydants a été évalué chez 44 étudiantes carencées en vitamine D (25 (OH) D <20 ng / mL) et atteintes de SPM. Dans le groupe de vitamine D, les taux de cytokines inflammatoires ont diminué de manière significative tandis que la capacité antioxydante a augmenté après l’intervention. Les scores de symptômes du SPM révélés par un questionnaire ont baissés dans le groupe vitamine D.

La vitamine D et l’endomètre

Au cours du cycle menstruel normal, l’endomètre subit une prolifération, une différenciation et finalement une dégénérescence. Tous ces événements sont régulés par les modifications des taux d’hormones stéroïdiennes, principalement les œstrogènes et la progestérone. La vitamine D, en tant qu’hormone stéroïde (une fois activée), peut avoir un rôle direct lors des modifications subies par l’endomètre tout au long du cycle menstruel.4

La vitamine D a des effets antiprolifératifs et anti-inflammatoires. Des études in vitro sur des modèles d’endométriose ont montré que le traitement des cellules endométriosiques avec de la vitamine D faisait baisser plusieurs cytokines inflammatoires et divers molécules impliquées dans la maladie.5 – 6

Conclusion

Que ce soit pour le syndrome prémenstruel ou bien l’endométriose, la vitamine D devrait être considérée comme un traitement potentiel, d’autant qu’elle ne présente pas d’inconvénient.

Mes conseils : dosez la vitamine D et la vitamine A !

Une dose de 2000 UI par jour est considéré comme sûre par les experts. C’est une bonne base.

Par ailleurs, un dosage sanguin de la 25(OH)D est vraiment utile pour ajuster le nombre d’unités, car les besoins peuvent être beaucoup plus élevés (parfois entre 5000 et 10 000).

Connaître son statut en vitamine A (rétinol) est aussi très important car les deux vitamines travaillent de concert une fois liées respectivement à leurs récepteurs (l’association Vit.D/VDR et Vit.A/RXR est nécessaire pour que la vitamine D puisse agir comme anti-inflammatoire). Donc demander à son médecin le dosage des deux vitamines est essentiel.


Références

  1.  Arab A, Golpour-Hamedani S, Rafie N. The Association Between Vitamin D and Premenstrual Syndrome: A Systematic Review and Meta-Analysis of Current Literature. J Am Coll Nutr. 2019 Sep-Oct;38(7):648-656
  2.  Bahrami A, Avan A, Sadeghnia HR, Esmaeili H, Tayefi M, Ghasemi F, Nejati Salehkhani F, Arabpour-Dahoue M, Rastgar-Moghadam A, Ferns GA, Bahrami-Taghanaki H, Ghayour-Mobarhan M. High dose vitamin D supplementation can improve menstrual problems, dysmenorrhea, and premenstrual syndrome in adolescents. Gynecol Endocrinol. 2018 Aug;34(8):659-663
  3.  Heidari H, Amani R, Feizi A, Askari G, Kohan S, Tavasoli P. Vitamin D Supplementation for Premenstrual Syndrome-Related inflammation and antioxidant markers in students with vitamin D deficient: a randomized clinical trial. Sci Rep. 2019 Oct 17;9(1):14939.
  4.  Cermisoni GC, Alteri A, Corti L, Rabellotti E, Papaleo E, Viganò P, Sanchez AM. Vitamin D and Endometrium: A Systematic Review of a Neglected Area of Research. Int J Mol Sci. 2018 Aug 8;19(8):2320.
  5.  Miyashita M, Koga K, Izumi G, Sue F, Makabe T, Taguchi A, Nagai M, Urata Y, Takamura M, Harada M, Hirata T, Hirota Y, Wada-Hiraike O, Fujii T, Osuga Y. Effects of 1,25-Dihydroxy Vitamin D3 on Endometriosis. J Clin Endocrinol Metab. 2016 Jun;101(6):2371-9.
  6.  Delbandi AA, Mahmoudi M, Shervin A, Zarnani AH. 1,25-Dihydroxy Vitamin D3 Modulates Endometriosis-Related Features of Human Endometriotic Stromal Cells. Am J Reprod Immunol. 2016 Apr;75(4):461-73.

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Fabien Piasco est nutritionniste, diplômé d’Etat en diététique, titulaire d’un D.E.S.S. en nutrition Alimentation fonctionnelle et santé (Université Laval, Québec), d’un D.U. Nutrition et maladies métaboliques (Université de Rennes) et d’un diplôme en neuro-nutrition (SiiN). Formé à la micronutrition et à la phytothérapie, spécialiste des nutraceutiques, il a aussi travaillé en pharmacie pendant près de 19 ans. Il intervient actuellement dans un établissement thermal où il dispense ateliers et consultations spécifiques en utilisant le large spectre de la nutrithérapie.