Micronutriments et règles douloureuses

345

Les règles douloureuses, appelées scientifiquement dysménorrhées, touchent un grand nombre de femmes. Il est important de consulter un médecin, car cela peut être parfois le symptôme d’une pathologie gynécologique. Malheureusement la plupart des traitements ont des inconvénients, voire des effets secondaires importants, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui sont couramment prescrits…

Mais il existe des solutions naturelles ! Certains micronutriments permettent de rétablir des déséquilibres, et donc de soulager les douleurs et l’inflammation.

Que sont les dysménorrhées ?

Les dysménorrhées sont caractérisées par la survenue de douleurs abdominales basses sévères chez les femmes pendant les règles. La douleur a souvent un caractère de crampes et peut irradier vers les cuisses ou le bas de la colonne vertébrale. Les douleurs au bas ventre peuvent être accompagnées de vomissements, maux de tête, maux de dos, diarrhée, fatigue, etc.1

La dysménorrhée est classée comme primaire ou secondaire. La dysménorrhée primaire se caractérise par une douleur résultant d’une contraction utérine excessive et pathologique, sans lésion lors des examens cliniques. La dysménorrhée secondaire est causée par des lésions acquises dans le petit bassin, qui comprennent l’endométriose, l’inflammation pelvienne chronique, la sténose cervicale, les fibromes utérins et certaines anomalies anatomiques.

Stress oxydant et inflammation toujours…

Le stress oxydant est une situation dans laquelle le corps n’arrive plus à neutraliser les radicaux libres. Il s’oxyde, des dommages cellulaires apparaissent et l’inflammation s’installe. Ce phénomène apparait  tout simplement quand la capacité antioxydante de l’organisme est dépassée par un excès de radicaux libres. Il se trouve que chez les femmes souffrant de dysménorrhées, les marqueurs du stress oxydant sont augmentés.2 Par ailleurs, des études récentes ont attiré l’attention sur le rôle du stress oxydant, qui peut être impliqué dans la physiopathologie de l’endométriose provoquant une réponse inflammatoire générale dans la cavité péritonéale.3

Il est scientifiquement démontré que les prostaglandines impliquées dans  l’inflammation sont produites pendant la menstruation.4 La prostaglandine F (PGF 2α) et la prostaglandine E2 (PGE2) ont des rôles spécifiques dans le processus inflammatoire. La PGF participe à la constriction des vaisseaux. Un autre rôle de PGF est de stimuler la contraction des muscles lisses, ce qui en conséquence, favorise les saignements menstruels. La PGF et la PGE2, produites par le myomètre, participent également à la synthèse de nombreuses autres molécules, dont les cytokines pro-inflammatoires.

C’est pour toutes ces raisons que les anti-inflammatoires sont utilisés en médecine. Le problème est qu’ils sont particulièrement toxiques pour les reins, le cœur, l’estomac et les intestins. Voilà pourquoi le recours à des substances naturelles est souhaitable.

Vitamine E, vitamine D ou gingembre ? Les trois !

Une étude clinique en simple aveugle5, sur 200 femmes étudiantes âgées de 18 à 25 ans qui se plaignaient de dysménorrhée légère à sévère, a testé ces 3 substances naturelles. Les participants ont été répartis au hasard en 4 groupes: vitamine D, vitamine E, gingembre et placebo. Les effets des suppléments sur la sévérité de la dysménorrhée ont été évalués en 2 cycles successifs à l’aide de l’échelle visuelle analogique (EVA) et d’un questionnaire. La vitamine D, la vitamine E et le gingembre ont considérablement réduit la gravité de la dysménorrhée, le gingembre ayant l’effet le plus significatif suivi de la vitamine D et de la vitamine E.

Il se trouve que ces trois éléments sont antioxydants et anti-inflammatoires, y compris la vitamine D.6, 7

Le zinc efficace aussi !

Cent cinquante lycéennes ont été recrutées dans une étude contrôlée randomisée.8 Les participants ont été divisés en trois groupes. Le premier groupe a reçu des gélules de gingembre, le deuxième groupe a pris des gélules de sulfate de zinc et le troisième groupe un placebo, pendant quatre jours, de la veille du début des règles au troisième jour de leurs saignements menstruels. La sévérité de la dysménorrhée a été évaluée toutes les 24 heures par EVA. Par rapport au groupe recevant le placebo, les participantes traitées au gingembre et au zinc ont rapporté un plus grand soulagement de la douleur. 

Et encore bien d’autres micronutriments…

Une méta-analyse9 portant sur 16 études cliniques a révélé que différents micronutriments pouvaient soulager la dysménorrhée. En effet, les vitamines D et K, B1 et E, le calcium, le magnésium, zinc et le bore ont contribué efficacement à la gestion de la douleur due à la dysménorrhée. 

Conclusion

Il est urgent d’envisager des solutions plus sûres que les anti-inflammatoires stéroïdiens dans le traitement des dysménorrhées. Des extraits végétaux et des micronutriments sont sûrs, et peuvent de par leurs actions antioxydantes et anti-inflammatoires avoir des répercussions positives sur d’autres systèmes et tissus dans l’organisme.

Vous pouvez retrouver certains de ces micronutriments (zinc, vitamine E et vitamine D), entre autres, dans le produit Endocriway que j’ai moi-même formulé :

Pour la vitamine D à dosage performant, en association avec la vitamine K2 le Dr Jacob a formulé l’excellent produit Vitamine D3K2 forte.


Références

  1. Dawood MY. Primary dysmenorrhea: advances in pathogenesis and management. Obstet Gynecol. 2006 Aug;108(2):428-41.
  2. Turhan N, Celik H, Duvan Cİ, Onaran Y, Aydın M, Armutcu F. Investigation of oxidative balance in patients with dysmenorrhea by multiple serum markers. J Turk Ger Gynecol Assoc. 2012 Dec 1;13(4):233-6.
  3. Scutiero G, Iannone P, Bernardi G, Bonaccorsi G, Spadaro S, Volta CA, Greco P, Nappi L. Oxidative Stress and Endometriosis: A Systematic Review of the Literature. Oxid Med Cell Longev. 2017;2017:7265238.
  4. Barcikowska Z, Rajkowska-Labon E, Grzybowska ME, Hansdorfer-Korzon R, Zorena K. Inflammatory Markers in Dysmenorrhea and Therapeutic Options. Int J Environ Res Public Health. 2020 Feb 13;17(4):1191.
  5. Pakniat H, Chegini V, Ranjkesh F, Hosseini MA. Comparison of the effect of vitamin E, vitamin D and ginger on the severity of primary dysmenorrhea: a single-blind clinical trial. Obstet Gynecol Sci. 2019 Nov;62(6):462-468.
  6. Wimalawansa SJ. Vitamin D Deficiency: Effects on Oxidative Stress, Epigenetics, Gene Regulation, and Aging. Biology (Basel). 2019 May 11;8(2):30.
  7. Wöbke TK, Sorg BL, Steinhilber D. Vitamin D in inflammatory diseases. Front Physiol. 2014 Jul 2;5:244.
  8. Kashefi F, Khajehei M, Tabatabaeichehr M, Alavinia M, Asili J. Comparison of the effect of ginger and zinc sulfate on primary dysmenorrhea: a placebo-controlled randomized trial. Pain Manag Nurs. 2014 Dec;15(4):826-33.
  9. Saei Ghare Naz M, Kiani Z, Rashidi Fakari F, Ghasemi V, Abed M, Ozgoli G. The Effect of Micronutrients on Pain Management of Primary Dysmenorrhea: a Systematic Review and Meta-Analysis. J Caring Sci. 2020 Mar 1;9(1):47-56.